Contrairement à l'idée reçue, le cinéma a fait la part belle aux femmes dès 1896. En effet, les premiers films peints à la main sont l'œuvre d'ouvrières spécialisées. Le montage est également un métier typiquement féminin tout comme celui de script...girl. Là où le bas blesse, c'est l'accession des femmes au poste prestigieux de réalisateur. Des femmes réalisatrices, il y en a eu depuis la création du cinéma. Aux Etat-Unis dans les années 20, on comptait même une trentaine de femmes cinéastes à Hollywood. Il n'empêche que, pendant très longtemps, il sera plus difficile pour une femme de dire « Action » que pour un homme.
Dans les années 70, une jeune étudiante en cinéma venue de Norvège se fait interdire l'entrée à l'IDHEC (l'école de cinéma parisienne de l'époque) sous prétexte d'être une femme, et cela malgré des réussites comme Agnes Varda. Ce n'est qu'au milieu des années 80 que la donne change. Aidées par les consœurs militantes des années 70, les réalisatrices prennent d'assaut le cinéma français et leur offrent parmi les plus gros succès de l'époque (Trois Hommes et un Couffin de Colline Serreau). Mais c'est dans le cinéma d'art et d'essai que le « regard féminin » prend toute son ampleur grâce à l'apparition de réalisatrices telles que Claire Denis, Pascale Ferran, Laurence Ferreira-Barbosa, Noémie Lvosky ou encore Laëtitia Masson.
