« C’est le livre de cinéma qu’il faut absolument avoir en ce moment. Il s’intitule l’Encinéclopédie*. Son auteur n’est autre que Paul Vecchiali, certes cinéaste – on se souvient entre autres de Femmes femmes, Corps à cœur, Rosa la rose fille publique - mais aussi depuis toujours passionné de films, plus particulièrement français, encore plus précisément ceux des années 30 qu’il visite avec une immense régularité et une non moins grande rigueur depuis des décennies. Bref le mot érudition s’impose ici.
L’ Encinéclopédie que publie Paul Vecchiali aujourd’hui se veut d’abord un dictionnaire, celui de ce ces cinéastes français qui se sont illustrés avant la guerre dans les années 30, mais aussi celui de leurs œuvres, même si celle-ci sortent du cadre la décennie : on y parle donc de Sacha Guitry mais aussi de son Napoléon, de Jean Grémillon mais aussi du Ciel est à vous, de Max Ophuls mais aussi de la Ronde, pour prendre ces trois exemples au hasard. Deux volumes donc, plus de deux milles pages, des milliers d’informations sur des personnages connus, d’autres moins, sur ce que l’on appelle des classiques mais également sur des films obscurs dont on se demande souvent ou ils ont bien pu passer (et que l’on aimerait bien voir).
Mais l’Encinéclopédie dépasse les règles du genre dans les commentaires même qui sont associés à chaque nom et à chaque film. Paul Vecchiali est un cinéaste et les analyses qu’il développe, limpides pour le profane, sont aussi le fruit son expérience, rendant la lecture vivante et chronophage. Derrière l’historien, le metteur en scène propose des lectures personnelles des œuvres et des hommes, parfois enthousiastes, parfois iconoclastes, toujours argumentées. Enthousiastes par exemple sur Jean Grémillon ou Julien Duvivier, plus réservées pour ne pas dire plus sur Renoir ou Clouzot. Sans oublier les noms oubliés que Paul Vecchiali remet en avant, en vrac René Guissart, Pierre Colombier, Bernard- Deschamps…
Paul Vecchiali est donc venu nous rendre visite et parler de son travail avec Christophe Bier, pour évoquer cette somme qui nécessitera plusieurs mois au moins et même davantage pour son lecteur désireux d’en faire le tour. Comme les travaux pratiques ont autant de charmes que la théorie, Paul Vecchiali a été passé à la question sur un certain nombre de ces réalisateurs des années 30 et sur un film à chaque fois, pas nécessairement des années 30 d’ailleurs. Dans ces échanges, vous retrouverez des noms et des titres connus, Marcel Carné ou Pépé Le Moko, mais également des auteurs et des œuvres moins réputées qui vont d’Albert Valentin à Carlo Rim en passant par Une femme chipée ou Donne moi tes yeux (un chef d’œuvre !). A écouter, méditer et visionner.
*Editions de l’œil