A l’origine, un roman pas très long de James Sallis, l’histoire éclatée d’un petit cascadeur qui arrondit ses fins de mois en faisant le conducteur, et seulement le conducteur, pour des hold up, avant que sa compassion pour ses voisins de palier l’entraine dans des histoires aussi borgnes que sanglantes. Drive le film, c’est tout d’abord une ville la nuit, Los Angeles qui curieusement n’est jamais filmée de façon aussi marquante que lorsqu’un européen est au commande, qu’il s’agisse d’Andre DeToth, d’Antonioni, de John Boorman, de Jacques Deray et donc ici Nicolas Winding Refn. C’est aussi une bande son, et d’ailleurs, le réalisateur définissait son film à son futur interprète comme l’histoire d’un homme « qui écoute des chansons pop dans sa voiture la nuit parce qu’elles lui permettent de se libérer de ses émotions». Et C’est enfin un comédien, Ryan Gosling dont le visage ne quitte quasiment pas l’écran et en qui Winding Refn, il l’a dit, a trouvé un interprète unique.
Ces éléments ainsi que la façon dont il les a agencés, Nicolas Winding Refn nous l’avait raconté lorsqu’il était à Paris il y a quelques mois pour assurer la promotion du film. Celui-ci n’était donc pas encore sorti, mais l’accueil cannois, par uniquement du jury, et le bouche à oreille qui s’en est ensuivi laissait présager du meilleur. C’est donc de façon étonnament détendue que le réalisateur danois a répondu aux questions de Mathilde Lorit, sur Drive mais aussi sur ses projets qui selon nos informations sont en train de se concrétiser.