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La sortie d’Il Divo intervient juste à propos pour nous rappeler que discourir politique sur un écran demeure une spécialité italienne, même si le cinéma y connaît de sérieux loupés depuis quelque temps et même si les générations ont du mal à se succéder. Et effectivement, n’y aurait il eu Nanni Moretti ces dernières années (57 ans le 17 Août, bon anniversaire !), on aurait pu hélas constater la profonde solitude d’Il Divo, un OVNI anti Andreotti et anti establishment qu’il est difficile de décrire sans dégrader son humour et sa force. Il faut dire que les deux, politique et cinéma, entretiennent un rapport ancien, et pour cause. Quel en serait le plus bel emblème de ce cinéma, sinon Cinecitta ? Le studio dont la première pierre est posée en janvier 1936 par Benito Mussolini en personne. La présence du Duce à cet instant précis ou se fonde le cinéma moderne, laisse une marque dont celui-ci aura toujours du mal à se défaire. Difficile de ne pas évoquer d’ailleurs en l’évoquant, la cérémonie fasciste dans le Amarcord de Fellini lui-même, pilier de Cinecitta ou il résidait à demeure au « Teatro 5 ».L’ombre des faisceaux plane sur une génération.

Mais attention, parler au cinéma de sujets contemporains de façon critique, traiter de thèmes d’actualités en appuyant là ou cela fait mal, tout ceci n’est pas le mérite du seul cinéma italien : Les américains en sont aussi les maîtres, citons en vrac récemment dans la Vallée d’Elah de Paul Haggis sur l’Irak, les deux Le Che de Soderbergh ou même Gran Torino d’Eastwood qui parle après tout à la fois des gangs et des tiraillements ethniques. Les français ne sont pas en reste non plus: Welcome de Philippe Lioret a récemment réuni un vaste public sur la question des immigrants clandestins. La Très très grande entreprise signé Pierre Jolivet évoque AZF et le dégât social véhiculé par les grands Groupes. Mais le cinéma politique italien présente une singularité par rapport à ces références parmi d’autres : La politique, il l’a intégrée de façon naturelle dans les grands genres qu’il illustre, la comédie, le polar, le drame, la farce, de telle sorte à en faciliter l’accès au plus grand nombre. Arriverderci amore Ciao est un polar, Hercule à la conquête de l’Atlantide est certes un peplum mais qui professe sans en avoir l’air un certain nombre de vérité sur son époque, sur les peurs et les inégalités qu’elle suscite.

Difficile également de ne pas évoquer l’âge d’or de la comédie quand s’affrontaient à des rythmes effrénés des talents tels que ceux Risi, Monicelli, Scola ou Comencini, servis par des monstres de légendes, Sordi, Gassman, Tognazzi… Des gens qui mettaient un point d’honneur à dire qu’ils ne travaillaient pas ( « Je me suis mis au travail à huit heures et je me suis réveillé à midi » Ennio Flaianno) et qui restituaient l’esprit de leur temps de façon évidente et drôle.

Aussi pour célébrer Il Divo et les retrouvailles avec une grande tradition qu’il célèbre aujourd’hui, Filmo TV a sélectionné quelques films, récents et moins récents, sur ce même thème. A l’exception d’un titre américain (mais qui se déroule à Rome pendant les années de Plomb), ils sont tous italiens, et nous le pensons, soit représentatifs soit dignes d’intérêt, en tout cas à leur place dans la problématique que pose Il Divo.
D’ailleurs saviez vous que c’est Andreotti qui fut dans l’immédiate après guerre chargé de relancer Cinecitta ?



S'IL N'EN FALLAIT QU'UN :
IL DIVO
Début des années 90, quand Rome dort, un homme veille, travaille, prie. Mais qui est le président du conseil Giulio Andreotti, le Machiavel de la vie Politique italienne de la seconde moitié du vingtième siècle? Portrait opéra-baroque en creux et en-bosses.
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