Le cinéma français, provisoirement soustrait à l’amicale concurrence de l’Amérique, connut sous l’occupation une période faste. Tant par la quantité d’œuvres produites et leur succès dans les salles que par la qualité de quelques chefs d’œuvres durables, au premier rang desquels trônent Les Enfants du Paradis de Marcel Carné. Mais c’est ensuite en tant que sujet que l’Occupation prit sa plus grande place sur les étagères des cinéphiles, car pour des raisons évidentes elle ne fut pas traitée par les cinéastes contemporains. Réglements de compte (Marie-Octobre, Les Portes de la Nuit), héros (Lucie Aubrac) ou victimes (Monsieur Klein), le cinéma ne s’ouvrira aux comédies sur la période qu’à partir des années soixante.
