Bien qu’il soit né à New York, George Romero est l’homme de Pittsburgh, plus que Gene Kelly qui, lui, en est originaire de souche. Il est aussi l’homme d’un authentique courant plus que d’un film ou d’un genre : l’automne 68 (qui sera l’hiver 70 pour nous français) est marqué par un coup de tonnerre : la sortie de la Nuit des morts Vivants, un moment de cinéma sans équivalent que Romero réalise avec une dizaine d’amis, une centaine de milliers de malheureux dollars, une pellicule 35 mm qui ressemble à du 16mm et le noir et blanc en prime. Le film marque à jamais le cinéma. Pas uniquement d’horreur car même si la Nuit des Morts Vivants effraie énormément – et continue à le faire -, il est aussi une fable, une œuvre fantastique, politique et morale. Admirateur d’ Howard Hawks, de Michael Powell et d’Orson Welles - la liste n’est naturellement pas close- Romero est avant tout un conteur et un témoin de son temps. Il le prouve au cours des décennies qui suivent, certes rythmées par des films dits de genre, fantastique, vampire, zombies s’y succèdent, mais aussi par une grande liberté de ton. Film après film, sans grand budget, sans grandes vedettes, Romero va dénoncer de façon de plus en plus violente, et parfois mélancolique, une époque marquée par le matérialisme, les inégalités, le mépris de l’autre et la violence.
Cette liberté de ton, Romero en paiera le prix. Bien que souvent sollicité par les Studios et lui-même tout aussi souvent demandeur, jamais le cinéaste individualiste ne parviendra à s’entendre avec un système aussi efficace que sans nuances, faisant de lui un des indépendants les plus célèbres de son temps.
Tant ces étapes dans une carrière que cet esprit artistique sont aujourd’hui abordés par son auteur, de façon inédite et exclusive sur FilmoTV. Car à plusieurs reprises Romero s’est rendu en France ces derniers temps, pour une rétrospective que lui consacrait la Cinémathèque française, pour la sortie de Land of the Dead…A chaque fois Erwan Chaffiot était présent pour recueillir les confidences d’un des plus célèbres cinéastes américains de son époque. Ceux sont elles que nous vous proposons de partager désormais en les accompagnant d’une sélection de films dans lesquels l’amateur de cinéma véritable ne peut que trouver son compte.
