Il n’est pas excessif de dire que pendant de nombreuses années, le cinéma anglais n’a pas eu bonne presse auprès des français, critiques et spectateurs, qui pour des raisons mystérieuses vénéraient Hitchcock et méprisaient tout le reste, sans distinction. Ni discernement d’ailleurs, mais ceci est une autre histoire ! Il faut dire à notre décharge qu’hormis James Bond - et encore ! -les années 70 ne furent cinématographiquement guère brillantes outre manche, pour ne pas dire ternes.
Et puis arrive Margaret Thatcher et les réactions qu’elle entraîne auprès de ces compatriotes de tout bord. Elles réveillent paradoxalement le cinéma britannique qui devient incisif, mordant, moderne, drôle… On se rendit alors compte qu’il ne fait que réactiver la créativité qui sommeillait en lui. Michael Winterbottom, Peter Lord et Nick Parks, Stephen Frears sont pour ne citer qu’eux, sont des noms qui comptent aujourd’hui, pas uniquement pour les rats de festival. Comme le disait un philosophe, « Les Anglais sont d’une grande ténacité. Ils ne s'avouent jamais vaincus. Et ils finissent toujours par ne pas l'être. »
Ajoutons que les autres européens n’ont entretemps pas cessé d’avoir un regard sur la Grande Bretagne, et que dans des registres différents, des personnalités aussi différentes que Michel Blanc ou Michelangelo Antonioni – singulier rapprochement !- surent exprimer une vision originale et personnelle sur l’esprit de la perfide Albion.
