Au début n'était que la solitude. Pendant trop longtemps, le cinéma a jugé qu'il ne pouvait y avoir de place pour deux héros dans la même histoire. Jusqu’à ce que les auteurs de polars réalisent que deux flics au lieu d'un allait donner un nouveau ressort aux histoires de policiers. Les Buddy Movies commencent à faire leur apparition dans les polars des années 60 et 70 avec en chef de fil Bonny and Clyde d'Arthur Penn (1967) et French Connection de William Friedkin (1971). Les films de duos ont permis un élargissement du genre policier vers des études de personnages poussées, dans lesquelles les états d'âmes des principaux protagonistes devenaient aussi cruciaux que l'intrigue.
Avec l'arrivée des années 80, le « Buddy Movie » prend toute l'ampleur de son appellation. 48 Heures avec le tandem Eddy Murphy/Nick Nolte (1982), Deux Flics à Chicago, l'Arme Fatale mais également les séries télés comme Starsky et Hutch ou encore Deux flics à Miami popularisent à l'extrême les duos de flics que tout oppose mais qui, finalement, deviendront les meilleurs amis du monde.
Et puisque dans les années 90, le film d'action et le film policier auront usé jusqu'à la corde le concept, le Buddy Movie se fond dans les genres. On retrouve les tandems aussi bien dans la comédie dramatique oscarisée comme Miss Daisy et son Chauffeur, que dans la comédie pure comme Mafia Blues ou encore dans le pur film d'auteur à l'image de la rencontre de Bill Murray et Scarlett Johansson dans Lost in Translation. Désormais le « Buddy Movie » a atteint sa maturité. Il n’est plus un simple genre mais le prétexte à une véritable orientation scénaristique.
