Année de sortie française
Metro Goldwyn Mayer, Titan Productions
scorpion, Persée, Péplum, Mythologie, Kraken, Méduse, Héros, Grèce, Effets spéciaux, culte, Harryhausen, Alain LE DIBERDER Un film d'aventures et de culture autour de la légende de Persée qui pour sauver la belle Andromède doit affronter un certain nombre de créatures parmi les plus redoutables de la mythologie grecque, dont la Méduse. Et côtoyer au passage d'autres monstres plus exotiques dans le bestiaire antique, tels que des scorpions géants, un Kraken en forme de singe marin à quatre bras et autres chouettes mécaniques parlant le R2-D2.
Le choc des Titans pourrait bien être un jour remboursé par la sécurité sociale. C’est en effet LE film idéal pour un lendemain de fête, l’addition en images du Doliprane et de l’Alka Seltzer. La recette?
Prenez d’abord les meilleurs scénaristes de tous les temps, ces types qui ont inventé la mythologie grecque. Avec des monstres mi-hommes mi-bêtes, des sorcières, des Dieux qui trompent des déesses, des déesses qui se vengent, des amours contrariées par le destin.
Prenez ensuite, le meilleur, le plus grand des spécialistes d’effets spéciaux d’avant le numérique, Ray Harryhausen. Le type qui vous fait un cheval volant en pâte à modeler, ou des squelettes qui se battent à l’épée. Ray Harryhausen est aux effets spéciaux ce que la Citroën DS est à la voiture, la Gibson ES 335 au rock ou au blues.
Prenez ensuite un héros interprété, Mesdames, par Harry Hamlin, élu homme le plus sexy de l’année en 1987 par la presse américaine. Pour d’autres il évoquera plutôt un croisement inexpressif entre le journaliste Franz-Olivier Giesbert et Jim Morrison, le chanteur des Doors.
Saupoudrez avec les apparitions d’Ursula Andress (bien vingt secondes en tout), de Claire Bloom et de sir Laurence Olivier dans le rôle de Zeus, avec en français la voix de Jacques François, les amateurs apprécieront.
Vous obtenez alors un excellent divertissement, qui procure le même plaisir que la lecture d’un Tintin, avec un prétexte culturel en plus, celui de vous faire réviser dans une douce torpeur votre cours d’histoire de sixième sur la mythologie grecque.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Le Choc des Titans, film britannique, a été réalisé en 1981 par Desmond Davis, honnête cinéaste des années soixante dont on retiendra surtout la Fille aux Yeux Verts de 1964, sympathique bluette sentimentale irlandaise. Mais Le Choc est surtout l’œuvre de Ray Harryhausen, dont il constitue le chef d’œuvre avec Jason et les Argonautes. Jason, un autre péplum mythologique de 1963, est resté surtout célèbre pour la scène du combat contre les squelettes qui a d’ailleurs été abondamment parodiée par Rodriguez dans Spy Kids 2.Mais les nombreux admirateurs d’Harryhausen lui vouent un culte dangereux car impliquant l’absorption massive d’œuvres aussi exigeantes que la série des voyages de Sinbad, la version 1964 des Premiers Hommes sur la Lune, plusieurs adaptations de Jules Verne dont l’Ile Mystérieuse, ou les voyages de Gulliver. Au total une trentaine de chefs d’œuvre du film fantastique ou d’aventures des années cinquante à soixante-dix, au sein desquels on réservera une place particuliere pour le sublime « Un million d’années avant Jésus-Christ » de 1966 aux conséquences séminales si l’on ose dire puisqu’il révéla non seulement Raquel Welch en femme préhistorique dévêtue mais aussi le prénom de Loana, rendu célèbre un quart de siècle plus tard par des exercices de piscine sans effets spéciaux.
Mais laissons ici les pratiques préhistoriques. Le Choc des Titans a fait l’objet d’un remake prévu pour sortir sur les écrans en 2010 avec un budget de 70 millions de dollars, quatre fois plus que l’original, et, sacrilège, des effets spéciaux numériques. Les vrais amateurs du Choc ne l’accepteront qu’à une seule condition : que les « goofs », c’est-à-dire les petites erreurs de production, soient corrigées. Ainsi, c’est vrai que lors du combat contre les trois scorpions géants, Persée n’en élimine que deux puis arrête tranquillement le combat, le troisième scorpion ayant sans doute été appelé ailleurs pour une affaire urgente. Il est vrai que quand Persée dompte Pégase, il saute, sans doute par distraction, sur un cheval qui pour être bien blanc est tout-à-fait dépourvu d’ailes. On pourra chipoter aussi sur ces shorts de sports d’une célèbre marque à trois bandes qui apparaissent inopinément sous les tuniques. On concèdera que l’on pourrait peut-être, en numérique, faire un vautour qui ressemble moins à un vieux plumeau. Peut-être, peut-être, mais ne touchez pas au Kraken !