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Année de sortie française
interdit aux moins de 12 ans
Fabrice Du Welz, Oliver Blackburn
Making Of - deuxième partie, Making Of - troisième partie, Making Of - Première partie
Vers l'Asie, Horreurs à l'européennes, Sales gamins, Inattendu, Europe Asie, Films inclassables, Drame, Fantastique horreur, C'est étrange !, Bêtises de jeunes, Sélection Mad Movies peur, perdu, moiteur, forêt, eau, deuil, Christophe LEMAIRE, chaleur, cauchemar, angoisse, jungle, folie Jeanne et Paul ne se remettent pas de la perte de leur fils disparu dans le tsunami de 2004. Certaine qu'il a été kidnappé dans le chaos qui a suivit la catastrophe, Jeanne persuade son compagnon de se rendre en Thaïlande pour retrouver leur rejeton. Le couple embarque alors au coeur de la jungle, pour un voyage initiatique qui va les emmener aux frontières du surnaturel.
On ne peut pas dire que Vinyan fasse dans le cinéma fantastique traditionnel. Ici, pas de vampire aux dents aiguisées, pas de serial killer dégénéré et même pas le moindre milligramme d’eau bénite souillée. Ici on est plutôt dans le cinéma sensitif post-Werner Herzog. On suit donc le parcours halluciné d’un couple qui tentent de retrouver leur jeune fils disparu après le ravage du tsunami. Persuadés qu’il a été kidnappé par des trafiquants de mômes au lieu d’avoir péri dans les flots, Jeanne et Paul se rendent au cœur de la jungle thaïlandaise pour retrouver leur rejeton. Quitte à affronter durement l’absence de raison et les démangeaisons de l’âme. Mis en scène par un « yes man » quelconque , Vinyan n’aurait pas été plus loin que son pitch. Mais le belge Fabrice Du Welz, remarqué en 2004 avec son formidable Calvaire, réussit à transcender son sujet pour faire vivre un délire quasi métaphysique au spectateur. Un peu dans l’esprit de deux autres grands films français récents méconnus : Enquête Sur Le Monde Invisible de Jean Michel Roux et Innocence de Lucile Hadzihalilovic. Comme dans Calvaire, Du Welz fait donc partir ses personnages de la réalité pour les amener progressivement dans un univers fantasmatique qui n’est là que pour refléter leurs cauchemars, leurs doutes et leurs espoirs.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Au départ de l’aventure Vinyan, Fabrice Du Welz avait en tête de réaliser une nouvelle version de Los Ninos, classique du cinéma d’horreur espagnol des années 70 sortit en France sous le titre idiot des Révoltés de l’an 2000. Mais pour d’obscures raisons de droit, le cinéaste n’a jamais pu faire le remake dont il rêvait. S’il a gardé de Los Ninos l’idée des enfants tueurs et sa moiteur ambiante, son Vinyan n’a presque plus rien avoir avec le classique de Narciso Ibáñez Serrador. Au contraire, Vinyan tient plus du cinéma expérimental qui, comme certains d’entre vous l’ont constaté, demande beaucoup d’attention pour une immersion totale. D’où, probablement, son échec en salles et le rejet injustifié d’une partie de la critique. Car on ne peut nier les nombreuses qualités du film. Dont l’hallucinante photographie de Benoît Debie, un des plus grands chefs opérateurs du monde, qui a travaillé entre autres sur Irréversible de Gaspar Noé, Innocence de Lucile Hadzihalilovic et Calvaire, le premier long métrage de Fabrice Du Welz. Comme a son habitude, Debie n’a pas tourné Vinyan en lumière naturelle, préférant travailler les couleurs à la façon d’un peintre. Celles-ci finissent même par avoir leur propre vie à l’écran tout en se siamoisant aux états d’âme de Rufus Sewell et d’Emmanuelle Béart. Une Emmanuelle Béart transcendée qui n’a pas hésité à s’immerger complètement dans l’univers de Du Welz en laissant ses éventuels égos de star au vestiaire durant ces sept semaines de tournage ardues et compliquées dignes du Apocalypse Now de Francis Coppola.