Bradley Cooper,
Ed Helms,
Justin Bartha,
Zach Galifianakis,
Heather Graham,
Jeffrey Tambor,
Ken Jeong,
Rachel Harris,
Sasha Barrese,
Mike Epps,
Mike Tyson
Année de sortie française
Green Hat Films, Legendary Pictures, Warner Bros.
Las Vegas, gueule de bois, Drogue, Cérémonie, Casino, amnésie, Mariage, Ami, Alcool, Laurent DELMAS, ados Quatre amis inséparables fêtent l'enterrement de la vie de garçon de l'un d'entre eux. Le lendemain matin, après une nuit particulièrement alcoolisée, le futur marié a littéralement disparu. Le mariage doit avoir lieu dans moins de 48 heures chrono et les trois amis doivent faire l'impossible pour que la cérémonie se déroule sans l'ombre d'un problème, gueule de bois ou pas.
Peut-on être impunément le scénariste du très iconoclaste « Borat » ? Non, évidemment. Le réalisateur Todd Phillips, puisque c’est bien de lui dont il s’agit ici, a le sens inné de la provocation et des situations scabreuses. Pour écrire son film, « Very bad trip », il a choisi comme point de départ une situation propice à tous les délires. La fameuse « gueule de bois » qui marque les réveils douloureux après une soirée très, voire trop arrosée est en effet au centre de son film. Soirée d’autant plus cruciale qu’il s’agissait d’enterrer la vie de garçon d’un futur marié qui, le lendemain, a littéralement disparu. C’est à cette drôle de situation que sont confrontés sans ménagement les trois amis fêtards. Ce qui résumé par le cinéaste lui-même donne cet éclairage pour le moins singulier et radical, je cite : « Boire jusqu’à perdre connaissance et se réveiller au petit matin au milieu de douzaines de bouteilles vides n’a rien d’extraordinaire. Mais nous avons voulu pousser cela jusqu’au pur délire. Ce film n’est pas la banale histoire d’une gueule de bois, c’est l’histoire de la mère de toutes les gueules de bois. » Fin de citation. S’ensuit une monstrueuse parade qui rend fous nos trois compères peu préparés, il faut l’avouer, à croiser dans leur vraie vie si tranquille d’habitude un tigre féroce, un Chinois nu et dingue, un sosie de Demis Roussos, soit un gros ours barbu et halluciné, sans oublier Mike Tyson dans son propre rôle. Il ne fallait peut-être pas tout boire…
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Pour mener à bien son histoire, Todd Phillips a rassemblé un certain nombre de paramètres qui l’amplifient et lui donnent sa densité. En premier lieu, il joue sur tous les ressorts d’un polar presque classique à travers deux questions récurrentes que se posent les trois protagonistes du film : « Mais que s’est-il donc réellement passé la nuit précédente pour que nous en arrivions là et dans cet état-là ? » et plus lancinante encore « Mais où est donc passé notre copain Doug qui devait se marier ? ». Et puis, il a l’habileté diabolique de faire se dérouler toute l’action à Las Vegas, la ville de tous les dangers et surtout de tous les excès. Autrement dit, la ville où rien n’est impossible a priori et surtout pas le pire. C’est cette localisation très particulière qui rend tout à fait vraisemblable l’avalanche de catastrophes en tout genre qui s’abat sur les personnages principaux comme autant de manifestations du mauvais goût et des artifices qui sont monnaie courante à Las Vegas. C’est ainsi que le générique de fin prend une importance toute particulière en devenant la résolution des questions saugrenues qui parcourent tout le film comme « Pourquoi Tyson chante-t-il du Phil Collins ? » ou « Que fait un tigre dans une salle de bains ? ». Telle est bien la force de Todd Phillips qui n’hésite pas à faire se rencontrer des blagues de potaches en folie à des éléments tellement surréalistes qu’on les croirait tout droit sortis d’un rêve d’ivrogne. Or, cela tombe bien puisque c’est le cas ! Le loufoque et l’absurde se donnent donc rendez-vous au pays des blagues graveleuses et l’alchimie fonctionne, comme si la situation de départ autorisait par définition tous les … mélanges. Pour du brutal, c’est du brutal !