Wyatt Earp a été élevé dans une communauté rurale par un père sévère mais affectueux qui lui a enseigné très jeune deux principes fondamentaux : la fidélité à la famille et le respect de la loi. A l’âge adulte, Wyatt semble parti pour vivre une vie tranquille lorsque sa femme meurt. Il se met à boire, puis vole des chevaux et se retrouve en prison. Son père le délivre et l’exhorte à revenir dans le droit chemin. Une nouvelle vie s’offre à Wyatt , qui s’installe à Dodge city et y fait régner l’ordre avec ses frères. Il se remarie, mais tombe amoureux de la femme du shérif local. Un ennemi de plus parmi tant d'autres...
L’ambition considérable de ce Wyatt Earp coécrit et réalisé par Lawrence Kasdan est à double tranchant. Son principal intérêt consiste à illustrer d’une façon plus détaillée que jamais une histoire mille fois racontée. Le risque principal, c’est précisément qu’on ne peut pas vouloir en dire beaucoup sans prendre le temps nécessaire pour le dire, ce qui dans le cas présent donne un film de plus de 3 heures. On y apprend beaucoup sur le parcours d’un homme devenu par hasard défenseur de la loi, et sur ses rapports avec les femmes de sa vie et aussi ses nombreux ennemis. Sur un ton imposant et presque solennel, le film est une rumination sur le prix à payer pour rester fidèle à ses principes , en l’occurrence la fidélité à la famille et au respect de la loi. Entouré de dizaines de personnages secondaires, Kevin Costner joue Wyatt Earp avec une froideur grave et distante, heureusement compensée par le panache de Randy Quaid, qui joue le flamboyant Doc Holliday. Il rayonne à chacune de ses apparitions et justifie à lui seul la vision du film.
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Au début des années 90, Kevin Costner était l’un des plus crédibles héritiers de Steve Mc Queen, et il ne s’est pas privé de le montrer en jouant dans Silverado, Danse avec les loups, et plus tard Open range. Wyatt Earp est son second western avec Lawrence Kasdan. Il y joue ce personnage de légende, dont le parcours est présenté in extenso depuis son enfance marquée par des principes rigoureux, jusqu’à son activité de justicier qui l’a rendu célèbre. Tourné principalement au Nouveau Mexique, le film se veut avant tout factuel et donc réaliste. On retrouve cette volonté à tous les niveaux de la production : Randy Quaid par exemple, s’est laissé pousser une vraie moustache et a perdu 20 kilos pour incarner le tuberculeux Doc Holiday. Pour figurer l’épisode le plus notoire de l’histoire de Wyatt Earp, la fameuse fusillade à OK corral, Lawrence Kasdan s’est appliqué à la filmer conformément à la réalité, c’est–à-dire aussi brève que brutale. Au cours de cette même fusillade, Kevin Costner se sert du véritable pistolet de Wyatt Earp, filmé en gros plan. A sa sortie, le film n’a pas marché, rapportant seulement 25 millions de dollars alors qu’il en avait coûté presque trois fois plus. Il faut dire qu’il a souffert de la sortie six mois plus tôt de Tombstone, qui traitait du même sujet sur un ton beaucoup plus coloré et divertissant. Incidemment, le film de George Pan Cosmatos a rapporté 56 millions de dollars. Egalement en cause, la durée exceptionnelle de Wyatt Earp, qui s’explique par le fait que le projet devait à l’origine prendre la forme d’une minisérie de six épisodes. Le chef opérateur Owen Roizman a quand même reçu une nomination aux Oscars pour sa photo. Et Lawrence Kasdan a partagé avec son coscénariste Dan Gordon un prix du scénario, décerné par la société des écrivains de western. Maigre consolation pour Lawrence Kasdan, qui ne s’est jamais vraiment remis de l’échec du film et n’a tourné que trois films depuis.