Année de sortie française
Brock Norman Brock, Nicolas Winding Refn
nudité, musculation, isolation, enfermement, drogues, célébrité, braquage, violence, prison, biographie, police, prise d'otage Après une adolescence violente, Michael Peterson, 19 ans, décide en 1973 de braquer une épicerie avec un fusil à canon scié. Il remporte un maigre butin, se fait attraper presque immédiatement et écope de 7 ans de prison. Derrière les barreaux, il se fait une réputation de bagarreur qui lui vaut de nombreux séjours au cachot , et déclenche un début d’addiction à la célébrité. A sa libération, il gagne sa vie en se battant pour de l’argent . Il se fait alors appeler Charles Bronson. De retour en prison, il garde son nouveau nom et se fabrique une nouvelle personnalité à la mesure de sa soif toujours plus grande de célébrité.
Bronson retrace l’histoire vraie de Michael Peterson, un criminel qui a adopté le nom de Charles Bronson et obtenu le titre de prisonnier le plus violent d’Angleterre, sans qu’on sache exactement à quel point la prison est responsable de son état. Officiellement, il a été condamné très jeune pour le braquage d’une épicerie qui lui a rapporté quelques euros. Mais une fois en prison, il a multiplié les agressions contre ses gardiens, et sa peine n’a pas cessé d’être reconduite. A l’exception d’une parenthèse de quelques mois en liberté, il a passé 34 ans en détention.
Nicolas Winding Refn, célèbre pour sa trilogie Pusher, raconte cette histoire avec une énergie démente et un sens de l’économie adaptée au sujet, qui implique le dénuement et l’isolation, mais aussi quelques échappées surréalistes dans le rêve, le fantasme et la stupeur médicamenteuse.
Bronson est incarné par Tom Hardy , un acteur vu aussi bien dans des films de gangsters que des séries shakespeariennes. Il est ici méconnaissable avec son crâne rasé, sa moustache et surtout les kilos de muscle qu’il a pris pour jouer le rôle. Même le vrai Michael Peterson l’a approuvé.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Dans la filmographie de Nicolas Winding Refn, Bronson est son premier film de commande. Jusqu’à présent , le cinéaste danois, fils du monteur de Lars Von Trier, a toujours choisi et écrit ses propres sujets. Lorsqu’on lui a proposé de réaliser cette biographie du prisonnier réputé le plus violent d’Angleterre, Refn s’apprêtait à tourner Valhalla rising, son film de viking avec Mads Mikkelsen. Mais quelque chose dans cette histoire l’intéressait. Sans exactement savoir quoi, il a fini par accepter malgré les conditions extrêmement contraignantes (il avait seulement quelques semaines pour écrire, préparer et tourner Bronson avec des tout petits moyens). Comme à son habitude, Refn a tourné dans l’ordre chronologique, et au fur et à mesure que le personnage se révélait, le cinéaste a fini par lui trouver un point commun avec lui-même, et cest ce qui lui a fourni l’angle qu’il cherchait : Bronson est un artiste, comme l’atteste son processus de pensée empirique qui consiste à chercher pour trouver. Son champ d’investigation est assez particulier puisqu’il travaille principalement avec son corps , un instrument dont il se sert pour donner et recevoir des coups.
Le résultat définitif s’exprime sous forme de dessins ou de poésies. On peut lire les textes et regarder les dessins de Bronson sur son site qu’il alimente régulièrement.
Lors de la première anglaise du film, un enregistrement du prisonnier a été diffusé. Les pouvoirs publics ont une fois de plus réclamé des sanctions à son égard parce qu’en Angleterre, il est illégal pour un prisonnier de s’exprimer publiquement sans autorisation.
Pour incarner Bronson, l’acteur Tom Hardy a rendu visite au prisonnier, qui lui a ri au nez en en voyant sa carrure de gringalet . A force d’entraînement intensif, l’acteur a gagné une quinzaine de kilos et à sa visite suivante, il a épaté Bronson qui l’a alors autrorisé à jouer son rôle.
Actuellement Bronson est toujours en détention.