interdit aux moins de 12 ans
Barentsfilm AS, Euforia Film
Stig Frode Henriksen, Tommy Wirkola
Philippe ROUYER, mutilations, montagne, jeunes, feu, couteau, chalet, armes à feu, zombis, neige, nazis, sang Dans les montagnes enneigées, une jeune femme est prise en chasse puis dévorée par des morts-vivants en uniformes nazis. Parallèlement, un groupe de sept étudiants en médecine débarquent dans un chalet isolé pour les vacances. Ils attendent Sara, leur amie et propriétaire des lieux qui doit les rejoindre en voyageant sur ses skis. Mais elle tarde à arriver et un autochtone leur explique qu’ils devraient partir, que plane sur les lieux la malédiction de soldats nazis pourchassés par la population locale à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Tommy Wirkola, le réalisateur norvégien de Dead Snow est un grand cinéphile qui adore construire ses films à partir de références aux œuvres de ses confrères. Son court métrage Remake, en 2006, se déroulait ainsi dans un drôle de motel dont le personnel retournait les grands succès du box-office à destination des clients. Quant à Kill Buljo : ze film, le long métrage qui l’a fait connaître en France et dans le monde entier en 2008, il se présente comme une parodie du Kill Bill de Quentin Tarantino. Sur Dead Snow, Wirkola poursuit sa collaboration avec Stig Frode Henriksen, son coscénariste et interprète de Kill Buljo. L’occasion pour les deux compères d’aller encore plus loin dans le délire en narrant les aventures d’un groupe d’étudiants dans un chalet à la montagne face à des zombis nazis évidemment très agressifs.
Au-delà même des figures du cinéma d’horreur sur lesquelles ils se sont appuyés, les auteurs ont truffé leur film de clins d’œil aux classiques du genre. Par exemple l’utilisation de la tronçonneuse contre les créatures renvoie à la saga Evid Dead, autre histoire de jeunes isolés dans une cabane en pleine nature. Mais il faut noter encore que les héros évoquent Vendredi 13 dans leurs discussions et que l’un d’eux arbore un magnifique tee-shirt aux armes du Braindead de Peter Jackson.
Comme Yannick Dahan dans son film La Horde, Tommy Wirkola n’a pas résisté au plaisir d’interpréter lui-même un des zombis de son film. Dead Snow a fait sensation au festival de Sundance en janvier 2009 avant de rafler cette même année le Prix du public au festival du film fantastique de Strasbourg.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Les zombis nazis font du ski. Tel aurait pu être le sous-titre de ce Dead Snow qui devait au départ s’appeler Red Snow (littéralement la neige rouge) en hommage à la mini-série télévisée du même nom. Il faut dire que depuis 2009, l’image du sang dans la neige est très en vogue dans le cinéma scandinave. Rien que pour la Norvège, il faut citer le slasher en diptyque Cold Prey 1 et 2 qui a régalé les fans lors d’une nuit spéciale au festival Fantastic’Arts de Gérardmer 2009. Et il faut rappeler que lors de cette manifestation était également projeté Manhunt, un survival norvégien, tandis que le Grand Prix et le Prix de la critique étaient attribués à Morse, le fabuleux film de vampire suédois.
En revanche, le zombi nazi est une nouveauté pour le cinéma scandinave. Il faut dire qu’ajouter à l’image horrifique du mort-vivant la cruauté barbare du SS en uniforme peut vite devenir lourdingue. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil sur Le Lac des morts-vivants, film de J.A. Laser qui n’est autre qu’un pseudonyme de Jean Rollin. Et d’enchaîner sur L’Abîme des morts-vivants, signé trois ans plus tard, en 1983, par l’ineffable Jess Franco sous un de ses nombreux noms d’emprunt. Pour être honnête, notons toutefois que ces deux perles de la série Z tentaient de retrouver l’inspiration du Commando des morts-vivants, alias Shock Waves un bon petit film de Ken Wiedernhorn qui remonte à 1976. Des morts-vivants aquatiques, fruit d’expériences terribles des savants nazis, y surgissaient des flots pour terroriser un groupe de naufragés sur une île où s’était réfugié un ancien commandant SS interprété par Peter Cushing. En faisant jaillir ses zombies des entrailles de la montagne enneigée, Tommy Wirkola retrouve un peu de cette puissance d’évocation. Mais c’est pour mieux s’en moquer l’instant d’après en accumulant démembrements festifs et joyeuses éventrations pour le plus grand plaisir des amateurs d’outrances gore.