Cattleya, Lucamar, Marc Platt Productions, Relativity Media, Weinstein Company
Années 60. Un cinéaste adulé revient à Cinecitta pour tourner son nouveau film qu’il ne réussit pas à écrire. Harcelé par la presse, soupçonné d’infidélités (à juste titre) par sa femme, mené par le bout du nez par sa maîtresse, il fuit et trouve refuge dans un établissement thermal. Sa femme, qui l’y rejoint, y constate la présence de sa maîtresse. Son actrice star qui le fascine découvre l’absence cruelle d’un quelconque scénario pour charpenter leur futur film et repart immédiatement.
Rob Marshall avait éclaté en 2002 en réalisant un triomphal premier film pour le cinéma : une comédie musicale à l’ancienne, Chicago, raflant au passage six Oscars (dont celui de meilleur film). Sa seconde œuvre pour le 7e art, plus ambitieuse, Mémoires d’une geisha (avec notamment les sublimes Zhang Ziyi et Gong Li), avait été reçu avec moins d’enthousiasme, et ce malgré ses trois oscars « techniques ». Il était donc logique que Marshall souhaite vite revenir à l’univers des « musicals ».
Et tout comme pour Chicago, il est allé puiser la matière de Nine sur les scènes de Broadway. La pièce du même nom fut créée en mai 82 et jouée avec succès 729 fois par une troupe pétillante emmenée par Raul Julia. Elle était reprise dans une nouvelle version en 2003 autour de Antonio Banderas, pour près de 300 représentations.
Vous allez voir maintenant défiler l’un de ces extraordinaires castings dont Hollywood a le secret. Nicole Kidman, Judi Dench, Kate Hudson et Penélope Cruz y entourent Daniel Day-Lewis. Sans oublier, bien sûr, Marion Cotillard encore toute auréolée de son Oscar obtenu en 2008 pour La Môme.
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Vous l’avez deviné, le titre Nine est un clin d’œil direct au Otto e mezzo (8 1/2) de Fellini dont il s’inspire librement. La trame est, en effet, quasi reconduite à l’identique et le nom même des personnages le plus souvent respecté. L’esprit, le ton, tout comme l’écriture cinématographique, sont en revanche totalement différents.
On pense bien évidemment beaucoup à Marcello Mastroianni, l’inoubliable alter ego de Fellini dans nombre de ses films, et à son Guido Anselmi (et non Contini comme ici), en proie à ses angoisses et à l’intensité de ses fantasmes. Marcello fut le partenaire le plus régulier de Sophia Loren tout au long de sa carrière, pendant 40 ans, depuis Peccato che sia una canaglia en 1954 jusqu’à Prêt à porter en 1994, en passant bien sûr par le bouleversant Une journée particulière. Mais, rappelons-le, Sophia Loren n’a, elle, jamais tourné avec Fellini.
La comédie musicale hollywoodienne a connu de tonitruantes heures de gloire, depuis les années 30 de Ginger Rogers et Fred Astaire, jusqu’aux années 60, fin de l’ère de Gene Kelly et apogée de projets audacieux comme Mary Poppins, La Mélodie du bonheur ou West Side Story. A partir de 1970, elle se fait plus rare et nécessairement singulière : Cabaret, Phantom of the Paradise, The Rocky Horror Picture Show, Grease, Hair, The Blues Brothers ou Moulin rouge ! Il n’y a bien que Rob Marshall pour oser aujourd’hui renouer avec l’esprit du musical hollywoodien classique. Il faut dire qu’il a entamé sa carrière sur les scènes de Broadway, travaillant avec le légendaire Bob Fosse, en mettant en scène et chorégraphiant Cabaret, Le Baiser de la femme araignée ou Chicago.