AMANDA SEYFRIED,
Julianne Moore,
Liam Neeson,
MAX THIERIOT,
R.H. THOMSON,
JULIE KHANER,
LAURA DECARTERET,
MISHU VELLANI,
NATHALIE LISINSKA,
NINA DOBREV,
MEGAN HEFFERN,
TIFFANY KNIGHT
Année de sortie française
STUDIO CANAL, THE MONTECITO PICTURE COMPANY
Catherine soupçonne son mari David de lui être infidèle. Pour en avoir le coeur net, elle engage Chloé, une jeune et séduisante prostituée chargée d'éprouver l'honnêteté de David. Chloé annonce bientôt à Catherine qu'une liaison s'est nouée entre elle et son époux. Effondrée dans un premier temps, Catherine va ensuite rencontrer régulièrement Chloé et lui demander de lui raconter ses rendez-vous avec David. De son côté, ce dernier soupçonne Catherine de le tromper...
Depuis le VOYAGE DANS LA LUNE de Méliès, le phénomène des remakes américains de films français n’est pas nouveau. Chloé est ainsi une adaptation libre de Nathalie d’Anne Fontaine où Fanny Ardant, Emmanuelle Béart et Gérard Depardieu tenaient les rôles principaux. Dans cette version, réalisée par le Canadien Atom Egoyan, Julianne Moore et Liam Neeson partagent l’affiche avec Amanda Seyfried, qui interprétait avec conviction « Honey Honey », entre autres succès d’Abba, dans Mamma Mia.
Si les grandes lignes du scénario de Nathalie ont été gardées -une épouse paye une jeune prostituée pour éprouver la fidélité de son mari- cette nouvelle mouture explore la situation avec un ton et des choix de mise en scène qui lui sont bien propres. Les personnages de Chloé ont certes des points communs avec ceux de Nathalie, mais, sans entrer dans le jeu des ressemblances et des différences, le film d’Egoyan apporte au récit une dimension plus trouble, plus ambiguë, aux frontières du thriller.
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Outre sa casquette de réalisateur de comédies à succès, comme Ghostbusters, Ivan Reitman est un producteur avisé. Et il ne s’y est pas trompé quand il a décidé d’envoyer le scénario de Chloé à Atom Egoyan, à qui l’on doit De beaux lendemains ou La Vérité nue. La complexité des personnages et le thème du décalage entre les apparences et le réel font en effet écho à ses précédentes réalisations.
Pour la première fois de sa carrière Atom Egoyan met donc en scène un scénario qu’il n’a pas écrit. La patte du cinéaste est cependant bien présente. Et dès le premier plan. « J’ai toujours été douée pour les mots », telles sont les paroles qui ouvrent le film. Et ces propos sur des images détaillant amoureusement le corps du personnage de Chloé nous invitent d’emblée à être particulièrement attentif à la force du verbe, à son pouvoir de manipulation. Le réalisateur Atom Egoyan ne manque pas de préciser d’ailleurs que « nous avons tous besoin de croire en certaines histoires, certains récits sur nous-mêmes ».
Dans Chloé, on retrouve le goût d’Egoyan pour les faux-semblants, le voyeurisme, son obsession pour la communication ou plutôt la non-communication entre les êtres, comme il le montre avec la scène de rupture par Internet. Autant de thèmes traités dans une mise en scène élégante aux décors soigneusement choisis. Les miroirs, les cloisons renvoient à la sensation d’enfermement et aux fantasmes des personnages. Une nouvelle fois, dans une scène clé, Egoyan utilise un de ses lieux fétiches, la serre tropicale, qui servait, par exemple, de décor au cabaret d’Exotica, un de ses plus beaux films.
La ville de Toronto est d’ailleurs filmée comme rarement. La cité qui est souvent utilisée pour recréer à l’écran New York ou Chicago a été choisie cette fois pour elle-même et le cinéaste a su faire de ses rues, de ses cafés, de ses hôtels, le cadre parfait de cette histoire sensuelle. Tout comme il sait faire ressentir tout le pouvoir de séduction des chevelures féminines qui jouent un rôle capital dans ce film ouvert à des interprétations multiples.