Arthur Dupont,
Elisa Sednaoui,
François Civil,
Geraldine Pailhas,
Marc-André Grondin,
Abraham Belaga,
Dominique Reymond,
Jules Pelissier,
Karole Rocher,
Naomi Greene,
Agathe Bonitzer,
Noémie Lvovsky,
Philippe Manoeuvre,
Solange Najman
Année de sortie française
FRANCE 3 CINÉMA, LGM CINÉMA, STUDIO CANAL
Christopher Thompson, Thierry Klifa
PSY, MUSICIENS, JALOUSIE, ENTERREMENT, CONCERT, ANNÉES 80, ROCK, GROUPE, AMITIÉ, TRIANGLE AMOUREUX, Jacques Lévy Lucas, Manu, Philippe, Jacob et Mario sont amis depuis l'enfance. Ils ont créé un groupe de rock, Lust, qui commence à avoir du succès. Prune Angelli, une directrice artistique, accepte de prendre en main le groupe et de l'aider à enregistrer un premier disque. Manu, le chanteur, vit une histoire d'amour avec la belle Laura, mais Lucas, s'éprend à son tour de la jeune femme...
Jusqu’ici on connaissait Christopher Thompson comme comédien ou encore comme scénariste. Avec sa maman Danièle Thompson, il a, par exemple, coécrit La Bûche et Fauteuils d’orchestre. à 43 ans, il passe donc à la réalisation en signant Bus Palladium. Mais il y a une vingtaine d’années c’est d’être musicien qu’il rêvait. Et justement, il s’inspire de sa propre expérience pour raconter l’histoire d’un groupe de copains, à peine sortis de l’adolescence et réunis par l’amour de la musique.
Le titre rend hommage à un véritable temple du rock. Lancé en 1965 et chanté par Gainsbourg, le Bus Palladium, est une boîte mythique dans le quartier de Pigalle où, selon Christopher Thompson, « on écoutait la meilleure musique rock, soul et rhythm and blues de Paris ».
Elaborée avec soin, la bande originale de Bus Palladium fait appel aux Rolling Stones avec « Let it loose » comme à David Bowie et son « Rock’n roll suicide ». Mais la part du lion revient aux morceaux du groupe fictif Lust, dont le film restitue toute la fougue et l’insouciance. Ce que résume bien une formule lancée à un moment par le chanteur : « Le rock c’est nous, ensemble, maintenant !».
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Délibérément, Christopher Thompson n’a pas daté l’intrigue du film de façon précise. Le récit navigue ainsi entre les années 70 et 80, échappant à la reconstitution pure et dure et à la nostalgie. Une chose est sûre : on n’a pas encore basculé dans l’ère numérique : les disques ne sont pas des CD et les personnages les enregistrent sur des cassettes audio.
Et rien ne manque à cette chronique des années vinyle : ni les délires de groupies, ni la directrice artistique peroxydée qui a côtoyé les légendes du rock, ni même Philippe Manœuvre, le journaliste de Rock & Folk, qui tient ici son propre rôle.
Le réalisateur ne voulait pas d’un son années 80 pour la musique originale. Il souhaitait qu’elle ait une couleur intemporelle et il a fait appel pour la composer à Yarol Poupaud, fondateur du groupe FFF (Fédération française de funk). Très investi dans l’aventure, le musicien était d’ailleurs présent sur le tournage de toutes les scènes musicales, faisant office en quelque sorte de coach du groupe Lust. Arthur Dupont, Manu dans le film, a cosigné les paroles de la plupart des chansons et il les interprète lui-même ainsi que « Raté » et « Non madame », les deux titres écrits tout spécialement par Benjamin Biolay. De son côté, le Canadien Marc-André Grondin, qui est batteur amateur dans la vie, s’est préparé au rôle de Lucas en travaillant la guitare plusieurs heures par jour pendant les semaines précédant les prises de vue. Quant à Jules Pélissier, l’interprète de Jacob, il connaît aussi la musique puisqu’il avait participé en 2008 à l’émission Nouvelle Star.
Fidèle au genre, Bus Palladium suit donc les étapes obligées de l’ascension d’un groupe de rock, mais c’est aussi une évocation de ce moment particulier qu’est l’entrée dans l’âge adulte. « Mon film raconte cette période de la vie où l’on se fabrique une famille en dehors de la sienne », commente Christopher Thompson. Les amitiés sont fortes, les passions amoureuses intenses et les désillusions amères. Derrière l’énergie du rock, il y a toute la mélancolie du blues.