Année de sortie française
interdit aux moins de 16 ans
Alvin L. Fast, Kim Henkel, Mardi Rustam
Dissections reptiliennes - commentaires de séquences, Jeu de massacre - entretien avec Jean-Baptiste Thoret
PSYCHOPATHE, Prostituée, Petit chien, MORT, MEURTRE, HOTEL, horreur, GORE, ficelle, culte, CROCODILE, crâne Psychopathe et propriétaire de l'hôtel Starlight, établissement bâti au bord d'un marécage lugubre, Judd n'a qu'un ami : le crococile qu'il garde dans un enclos, et à qui il donne en pâture ses rares clients. Il commence par une prostituée enfuie d'un bordel voisin, puis s'en prend au père et à la soeur de celle-ci, venus à sa recherche. Puis, toujours armé de sa faux gigantesque, il occit un couple, leur enfant et leur petit chien. Lui-même s'est fait dévorer une jambe par l'animal (variation sur l'aventure du capitaine Crochet!), mais il n'en veut pas à son compagnon...
Alors que vous vous apprêtez à regarder LE CROCODILE DE LA MORT, trois raisons ont pu vous amener là où vous êtes à cet instant précis… La première : Son titre vous est familier et, bien que vous ne l'ayez jamais vu, vous savez qu'il s'agit d'un classique du cinéma d'horreur des années 70. Bravo ! La seconde : Vous savez que Tobe Hooper a également réalisé le MASSACRE A LA TRONCONNEUSE original, et vous vous dites que le bonhomme a sans doute plus d'un chef d'œuvre dans son sac. Encore bravo ! Enfin, la troisième raison, c'est que vous l'avez déjà vu par le passé, et le film vous a laissé un tel souvenir que vous rêviez depuis longtemps de vous replonger dans les marais qui entourent son hôtel insalubre. Que dire, vous êtes un ou une esthète, et je ne peux une fois encore que vous féliciter de votre choix ! Mais pourquoi un tel enthousiasme, me demanderez-vous ? Parce que LE CROCODILE DE LA MORT, avec son statut de film culte, échappe aux critères critiques conventionnels, et ce pour une raison simple : c'est que son tout dépasse, et de loin, la somme de ses parties, bonnes ou mauvaises. On en reparle juste après, mais d'ici là, bon film !
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Alors ça y est, vous avez vu ou revu LE CROCODILE DE LA MORT ! Je reviens donc sur ce que je vous disais plus tôt, à propos du tout qui dépasse la somme de ses parties : vous avez en effet sans doute constaté que le film n'est pas exempt de défaut, et pourtant, tout fonctionne ! Les acteurs et leur jeu outrancier ; la photographie et ses rouges baveux ; le croco du titre à la souplesse toute approximative… La raison de cette réussite, c'est qu'à l'exception du croco rigolo (encore que), tous ces éléments disparates qui font du film un tout cohérent sont en fait des choix. Oui, des choix, qui amènent les spectateurs vers un genre balisé, ici poussé à l'extrême, afin de mieux les emmener ailleurs. Et cet ailleurs, comme c'était déjà le cas avec MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, c'est un déboulonnage en règle de la société américaine bien pensante. Ainsi, la première victime est une fille qui décide de ne plus se prostituer, alors que si elle était resté dans le bordel où elle travaillait, rien ne lui serait arrivé. A l'opposé, l'hôtel, décor unique – ou presque – qui représente à la fois l'idée de foyer et de hâvre de paix est l'endroit même où l'enfer s'est donné rendez-vous avec le monde des mortels, d'où la lumière rouge dans laquelle il baigne en permanence. Rien dans le film n'est donc ce qu'il semble être, à l'exception d'une vérité, que le propriétaire de l'hôtel répète en boucle, c'est que le crocodile bouffe tout le monde, sans faire de différence. Soit la preuve que les hommes peuvent se tromper entre eux, mais ils ne peuvent pas tromper la nature. Pour conclure, en plus d'être un défouloir décomplexé, LE CROCODILE DE LA MORT est bien plus que ça ; bien plus que la somme de ses parties donc !