Année de sortie française
FIDELITY PICTURES CORPORATION, REPUBLIC PICTURES
SERVANTE, PROCES, MEURTRE, ECRIVAIN, FLEUVE, CADAVRE, Wild Side, Wildside, frère, lutte des classes, social, frustration Stephen Byrne est un écrivain raté. Un jour, en l'absence de sa femme, il tente de s'arroger les faveurs de leur servante, Emily ; celle-ci se débattant, il l'étrangle sans le vouloir pour la calmer. Il convainc alors son frère de l'aider à faire disparaître le corps de la malheureuse dans le fleuve qui borde la maison.
HOUSE BY THE RIVER est un film de Fritz Lang inédit en France, mis à part une diffusion à la télévision en 1979 dans le cadre du « Cinéma de Minuit » de Patrick Brion et une sortie confidentielle en salles, au "Studio Action". Vu la qualité et la modernité du film, on peut légitimement s'interroger sur la raison d'une telle rareté qui, selon toute probabilité, se résume sans doute à l'insuccès que le film a rencontré lors de sa sortie aux Etats-Unis. Fritz Lang étant par ailleurs un réalisateur assez orgueilleux, prenant l'accueil de ses films comme des baromètres de sa réussite personnelle, il n'a jamais poussé non plus pour que le film soit distribué ailleurs et rencontre éventuellement un autre public. Comme souvent chez Fritz Lang, HOUSE BY THE RIVER parle de lutte de classes sociales, mais également civiques d'une certaine manière. Ainsi, le meurtrier fait-il clairement partie d'une classe supérieure à sa victime, mais son apparente absence de valeurs en font une personne dépourvue de remords. Il ne regrette d'ailleurs jamais son acte, mais craint juste de se faire prendre. écrivain raté, il n'est par ailleurs pas aussi brillant qu'il le croit, et son frère aîné, bien qu'handicapé, lui rappelle en permanence quel genre d'homme il n'est pas. à ce titre, HOUSE BY THE RIVER est davantage un film sur la frustration que sur la culpabilité.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Comme je vous le disais, Fritz Lang n'aimait pas beaucoup HOUSE BY THE RIVER, qu'il considérait lui-même comme un film mineur, notamment à cause de l'absence de stars au générique. De plus, ayant toujours entretenu des rapports houleux avec ses producteurs, il était en désaccord avec eux sur ce film car il aurait voulu que la servante assassinée soit noire. Son propos de lutte des classes aurait alors été encore plus dérangeant, ce que les financiers du film ne voulaient surtout pas. Malgré ce regard bien dur de son propre auteur, HOUSE BY THE RIVER est bien un film de Fritz Lang. Dans ses thèmes, comme je le disais, mais aussi dans sa forme, avec notamment l'utilisation d'une symbolique relevant parfois de l'onirisme. Ce poisson qui saute hors de l'eau peut d'ailleurs être interprété comme la cristallisation physique des remords qui font défaut au protagoniste principal. Ainsi, même quand il semble ne pas connaître la culpabilité, cela n'empêche pas qu'elle soit là, présente, sous la surface des choses, ne demandant qu'à se manifester : ici dans un poisson du fleuve, là dans l'éclat d'un miroir qui rappelle ses écailles argentées, ou encore, à la fin, dans un rideau soulevé par le vent qui lui rappelle la robe de sa victime. Si vous avez aimé l'ambiance assez malsaine de HOUSE BY THE RIVER, vous apprécierez aussi sans doute celle de son film précédent, LE SECRET DERRIERE LA PORTE, qu'on peut voir comme une version freudienne de "BARBE BLEUE".