Année de sortie française
Christophe Beck, Nick Urata
Rien ne prédestinait Cal Weaver et Jacob Palmer à se rencontrer ce soir-là au comptoir d'un bar...Rien, sauf le divorce annoncé du premier et les recettes amoureuses du second ! Cal, à quarante ans passés se voyait en père de famille comblé et heureux pour toujours. Jacob lui est un séducteur né, amateur et consommateur de femmes. Mais Cal apprend que sa femme, non seulement le trompe mais qu'elle réclame également le divorce. Jacob, "heureusement" va voler à son secours ! Il tente de transformer son nouvel ami en fêtard tombeur invétéré, à grand renfort de soirées arrosées. Le souci, c'est que la nature profonde de Cal va refaire surface et que les siens vont se rappeler à son bon ou mauvais souvenir...Une comédie grinçante et romantique à la fois qui redistribue les cartes d'un genre que l'on croyait, (comme ses héros), épuisé !
Ca pourrait être une fable de La Fontaine : « La marmotte et la lapin »...Il était une fois un quadragénaire heureux en ménage, marié depuis des lustres à sa meilleure amie de lycée devenue la mère de ses enfants. Mais un jour, Cal , (notre marmotte), apprend que sa chère Emily le trompe. Sa vie s’écroule et c’est dans un bar qu’il noie son malheur, jusqu’au jour où il rencontre Jacob, tombeur invétéré, jouisseur de l’existence. Un lapin qui va vite convaincre notre marmotte de l’imiter...Morale de notre fable : et si le véritable bonheur était en fait imparfait, si nos erreurs pouvaient en fait nous faire grandir ? John Recca et Glenn Ficarra réalisent ici une formidable comédie romantique, basée comme souvent sur le principe des contraires qui s’attirent. Qui mieux que Steve Carell et Ryan Gosling pouvaient incarner Cal et Jacob ? L’un exploite son physique de « M. Tout le monde » dépressif, l’autre incarne le nouveau sex-appeal hollywoodien. Autour de cet irrésistible tandem, la grâce de Julianne Moore et la fraîcheur d’Emma Stone ajoutent un peu d’épice dans ce cocktail déjà bien relevé...
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Le producteur de « Crazy, stupid love » est aussi celui de « Very bad trip » : la connexion entre les deux films est évidente. Un groupe au comportement politiquement très incorrect, des rebondissements constants et des gags gonflés. Autre point commun : le choix d’un casting malin et séduisant, qui allie des valeurs sûres du box-office et des vedettes en devenir. Exemples parfaits : Steve Carell et Ryan Gosling. Le premier a fait ses armes dans la série « The office » avant d’exploser avec « 40 ans toujours puceau » et « Little miss sunshine». Le second est depuis « Drive » et « les marches du pouvoir » le nouveau golden-boy de Hollywood. Saviez-vous que tous deux avaient bien failli déjà travailler ensemble, bien avant le film que vous venez de voir : au début des années 200, ils figuraient au générique du pilote d’une série qui n’a jamais abouti. Autre histoire de duo, celle des deux réalisateurs : John Recca et Glenn Fecarra. « Crazy, stupid love » n’est que leur 2e film mais c’est surtout leur premier succès. En 2010, ils s’étaient pourtant fait remarquer avec « I love you Phillip Morris », improbable histoire d’amour derrière les barreaux entre Jim Carrey et Ewan McGregor ! Une production indépendante présentée à Cannes mais dont le sujet très gay-friendly avait apeuré les distributeurs américains, à tel point que c’est Luc Besson qui avait dû racheter le film pour en assurer la distribution ! Pareille mésaventure ne s’est pas reproduite cette fois, puisque « Crazy, stupid love » a été un gros succès : 85 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis et près de 150 millions dans le monde...Ce genre de comédie à la fois tendre et impertinente fait d’ailleurs partie d’un vaste mouvement de fond, entamé dans les années 90 par les frères Farrelly avec des films comme « Mary à tout prix » ou plus récemment par Judd Apatow avec « En cloque mode d’emploi »...Le rire n’est plus seulement mécanique, il fait appel à une sorte de thérapie de groupe à laquelle participe le public, à propos des rapports hommes-femmes, de la notion de parentalité et de l’idée de la famille