Baya Belal,
Gassan Abbas,
Myriam Tekaïa,
Sasson Gabay,
Ulrich Tukur,
Ido Shaked,
Khaled Riani,
Khalifa Natour,
Lotfi Abdelli,
Thierry Lopez,
Uri Gabay,
Bashir Wakil,
David Leguesse,
Kheredine Ennasri,
Manuel Cauchi,
Maurad Saad,
Michael Sciortino,
Mohammed Mutaz,
Nicholas Galea,
Zohar Wexler
Allemagne | Belgique | France
Année de sortie française
Barry Films, Marilyn Productions, Rhamsa Productions, Saga Films, Studio Canal
Aqualactica, Boogie Balagan
TERRASSE, SOLDES, SOLDATS, SEMENCE, POLICIER, NATIONS UNIES, MOUTON, MISERE, MAISON, FILETS, ESTRADE, EPOUSE Jafaar est un pêcheur palestinien qui vit à Gaza. Un jour il remonte dans ses filets un cochon tombé d'un cargo. Voulant en tirer profit, il se rend vite compte que tout ce qu'il réussit à faire, c'est se mettre tout le monde à dos.
Réalisé par Sylvain Estibal, écrivain et journaliste, dont c’est la première mise en scène au cinéma, Le cochon de Gaza raconte l’histoire, comme l’indique le titre de ce film, d’un cochon, mais aussi d’un pêcheur palestinien de Gaza, nommé Jafaar, qui remonte un jour, l’animal dans ses filets, sans trop comprendre le pourquoi et le comment de la chose. Vu l’existence misérable qu’il mène avec sa femme, Fatima, Jafaar considère la bête sauvée des eaux comme étant une aubaine, et va donc tenter par tous les moyens d’en tirer bénéfice. Sauf que du cochon, à Gaza, personne ne veut. Impur, disent aussi bien les Arabes que les Israéliens. Et s’il existe un point sur lequel les deux parties sont entièrement d’accord, kif-kif, c’est bel et bien celui-là.
Traité sur le ton de la fable comique, le film dépeint à travers les mésaventures du pêcheur, ce qu’est le quotidien de l’ensemble de la population de Gaza, prise en tenaille entre les militaires israéliens d’une part, et puis les barbus de l’autre.
Pour incarner Jafaar, Sylvain Estibal a choisi l’acteur israélien d’origine irakienne, Sasson Gabay, lauréat de deux prix d’interprétation en 2007, pour sa prestation dans le film de Eran Kolirin, La visite de la fanfare. Le rôle de son épouse, Fatima, est dévolu, lui, à Baya Belal, vue dans Munich de Steven Spielberg.
Vous reconnaîtrez dans le personnage de l’officier des Nations Unies, l’Allemand Ulrich Tukur, l’un des protagonistes principaux du film La vie des autres de Florian Henckel Von Donnesmarck.
Et puis comme un cochon peut en cacher un autre, sachez qu’il fallut pas moins de deux pourceaux, Charlotte et Babe, pour interpréter le rôle titre du film.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Faire rire les deux camps en pointant du doigt l’absurdité de la situation. Tels sont les mots de Sylvain Estibal, réalisateur du film, pour décrire le but de son entreprise. Il raconte ensuite comment l’idée du Cochon de Gaza est née du télescopage de différentes anecdotes et de souvenirs diffus dans sa mémoire. A Montevideo, en Uruguay, où il réside, et à certaines périodes de l’année, dans le port, l’on peut voir, dit-il, partir des bateaux gigantesques qui s’en vont traverser l’Atlantique, chargés de milliers de moutons, pour les fêtes de l’Aïd. Ces chargements sont tellement spectaculaires que Sylvain Estibal s’est mis à imaginer des cochons à la place des moutons. Parallèlement à cela, au cours d’une conversation, un ami photographe israélien lui aurait raconté qu’il connaissait des Juifs qui élevaient des cochons sur des estrades, car ces animaux ne devaient pas toucher le sol d’Israël. Estibal avoue avoir trouvé cela aussi ingénieux qu’absurde, et là aussi, il a engrangé cette idée jusqu’à ce qu’un jour le déclic s’est opéré et il a commencé l’écriture du scénario.
Evoquant sa légitimité à traiter du conflit israélo-palestinien, le réalisateur dit avoir pris Charlie Chaplin comme référence, sans pour autant se comparer à lui. Mais le fait que Chaplin ait tourné son film Le dictateur sans être allemand ou juif, avec le résultat que l’on sait, a été d’un grand encouragement pour se lancer dans l’aventure sans a priori. Son expérience journalistique lui aura également et selon ses propres dires, servi de catalyseur pour s’en aller traiter d’un sujet en terrain lointain.
Pour ce qui était du casting côté cochons, le dresseur Guy Demasure raconte avoir auditionné cinq cochons vietnamiens avant d’en retenir deux qui sortaient du lot, Charlotte et Babe. Le plus difficile ayant été de les habituer au climat chaud de l’île de Malte où s’est déroulé, en partie, le tournage, sachant que cette race d’animaux supportent mal la chaleur. Demasure n’oublie d’ailleurs pas le jour où lors du tournage d’une longue séquence sur une barque, Charlotte abandonna l’équipe et s’en alla plonger dans la mer comme une grande. Panique à bord car personne ne savait si l’animal était capable de nager, mais il s’avéra finalement que oui, et Charlotte replongea ce jour-là cinq nouvelles fois, pour se rafraîchir.