C'était un fait acquis : Butch Cassidy était mort en 1908. Sa mémoire subsistait cependant dans tout le far-west, celle d'un gangster violent mais pétri de principes comme la loyauté et la valeur de la parole donnée...Le film de Matéo Gil nous entraîne quelques années plus tard en Bolivie où un vieux despérado qui ressemble fortement à Cassidy survit dans l'anonymat. Il va suffire d'une envie de revoir un fils qu'il a très peu connu pour que ce James Blackthorn revienne à la vie. Ajoutez à cela une rencontre avec un jeune braqueur de mine et les vieux réflexes vont eux aussi rapidement remonter en selle ! Sam Sheppard incarne ce personnage légendaire qui revient hanter l'écran pour un ultime rodéo. Un western qui a la goût de la poudre, de la poussière et d'une époque révolue...Déjà un classique !
Les héros ont la vie dure, surtout si elle est pleine de bruits, de fureur et de légendes. Butch Cassidy fait partie de la mythologie du far-west : son parcours riche en braquages et en meurtres fait de lui un de ces anges noirs que le cinéma américain aime à glorifier. « Blackthorn » propose une alternative intéressante : et si Cassidy n’était pas mort comme on l’a dit lors d’une fusillade en 1908 ? Et s’il s’était réfugié en Bolivie sous un faux nom ? Et s’il avait accepté un ultime coup en 1920 ? Le film de Matéo Gil utilise tous les ressorts du western traditionnel mais y apporte une aura crépusculaire qui n’est pas sans rappeler celle du monumental « Impitoyable » de Clint Eastwood. C’est Sam Shepard qui campe le célèbre malfaiteur : silhouette fatiguée, visage buriné, à 68 ans, le comédien fusionne littéralement avec son personnage et bénéficie également de l’incroyable lumière distillée par ce long-métrage aussi aride qu’un désert. En selle pour une chevauchée vraiment fantastique !
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Sam Shepard n’est pas à proprement parler une superstar. Sa filmographie a pourtant de quoi faire bien des envieux du côté de Hollywood: « Les moissons du ciel », « L’étoffe des héros », « L’affaire Pelican » ou « La chute du faucon noir » : ce comédien également grand amateur de théâtre a su choisir sans jamais se compromettre. Une carrière exemplaire qui fait de lui une des gueules les plus reconnaissables du cinéma, à l’égal de ce que pouvaient représenter Burt Lancaster ou Robert Mitchum. C’est ce genre de comédien qui peut accepter un pari aussi risqué que de se lancer au début du 21e siècle dans l’aventure d’un nouveau western. On dit ce genre là condamné, à la fois par l’industrie et par le public : c’est vrai que « Blackthorn » n’a pas rencontré un succès colossal mais de temps en temps, (comme on visite un musée), les spectateurs ont plaisir à retrouver des valeurs sûres. « True grit » des frères Coen a ainsi été une des très belles surprises du box-office mondial en 2011. Il est vrai là aussi que Jeff Bridges, le personnage principal du film, est un de ses rocs inamovibles du cinéma made in USA...Un point commun unit d’ailleurs les deux films : leurs héros n’en sont pas réellement, en tout cas tel qu’on l’entend. Patibulaires, alcooliques, usés : on est très loin de l’image traditionnelle du pistolero affûté, planté dans ses bottes et sautant sur sa monture au moindre coup de feu ! C’est évidemment Clint Eastwood qui a relancé cette mode du desesperado senior : son interprétation dans « Impitoyable » aux côté de Gene Hackman et Morgan Freeman, (pas vraiment des perdreaux de l’année eux non plus!), a beaucoup fait pour que le grand public, et plus seulement les amateurs de ciné-club, accepte l’idée que les héros pouvaient être fatigués ! « Blackthorn » peut également se regarder comme un complément de l’autre film qui a été consacré en 1969 à Butch Cassidy, accompagné pour l’occasion par le Kid. George Roy Hill avait alors confié les rôles principaux à deux sex-symbols : Robert Redford et Paul Newman...