Gordon Liu,
Lieh Lo,
Lung Wei Wang,
Yue Wong,
Hou Hsiao,
Kara Hui,
Lung Chan,
Fai Wong Lam,
Miao Ching,
Pa-Ching Huang,
Szu Chia Chen
Année de sortie française
Liu Chia Liang et la kung fu comedy partie 2
incognito, Duo, prince, Kung-Fu, Faussaires, Conspiration, Arnaqueurs, Wild Side, Wildside, Fathi BEDDIAR, Shaw Brothers Ho, voleur de bijoux, non seulement arnaqueur mais aussi « frimeur » et coureur (de maisons closes), fait la rencontre de Wang, un riche négociant en vins, qui n’est autre, en fait, qu’un prince incognito. Non content de lui cacher son identité réelle, Wang va faire croire à Ho qu'il n'y connaît rien en kung-fu pour amener ce dernier, qui a quelque talent en la matière, à se surpasser en le protégeant face à ses nombreux ennemis et à devenir un homme meilleur.
Réalisé en 1979, LE PRINCE & L'ARNAQUEUR est le 9e film réalisé par Liu Chia-Liang, l'incontournable maître d'armes de la Shaw Bros. Après avoir participé à de nombreux films à la teneur sérieuse et profonde, Liu Chia-Liang marque sa première incursion dans le domaine de la comédie avec LE PRINCE & L'ARNAQUEUR qui est la réponse de la Shaw Bros aux « comédies kung-fu » de la Golden Harvest avec Sammo Hung. Mais l'intérêt du PRINCE & L'ARNAQUEUR dépasse celui du film de kung-fu comique, où le rire côtoie les acrobaties. D'un point de vue historique, LE PRINCE & L'ARNAQUEUR est l'un des premiers films à exploiter le schéma du « buddy movie », rendu célèbre dans les années 80 par des titres cultes comme 48 HEURES de Walter Hill et L'ARME FATALE de Richard Donner. à l'instar de ces deux titres, LE PRINCE & L'ARNAQUEUR narre les aventures de deux personnages que tout oppose et qui devront s'allier, bon gré mal gré, pour lutter contre une menace commune. Dans le rôle des compères gaffeurs, on retrouve Gordon Liu, l'icône de LA 36e CHAMBRE DE SHAOLIN, et Wong Yue, le jeune héros des EXECUTEURS DE SHAOLIN, qui incarnent respectivement un prince héritier, se faisant passer pour un œnologue, et un voleur de bijoux maladroit. LE PRINCE & L'ARNAQUEUR ne faillit pas à ses intentions : on rit beaucoup aux situations comiques et s'on émerveille devant les scènes d'action.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Si l'on devait décrypter la filmographie de Liu Chia-Liang, on se rendrait compte que LE PRINCE & L'ARNAQUEUR est celui qui regroupe tous les éléments clés et les thèmes de prédilections chers au cinéaste. Tout d'abord le générique qui, à l'instar de ses autres films, se compose d'une chorégraphie martiale sophistiquée dans un décors neutre ; et qui sera parodiée par Quentin Tarantino lors du montage d'entraînement d'Uma Thurman par Gordon Liu dans KILL BILL. Aussi, chaque film de Liu Chia-Liang possède la figure imposée du goûter combatif, où des personnages s'affrontent en faisant virevolter les ustensiles de cuisines ou les tasses de thé. Mais la scène-clé la plus populaire des films de Liu Chia-Liang reste celle où les personnages se servent du petit banc chinois comme d'une arme redoutable. Une figure que Jackie Chan a depuis incorporée à son répertoire, et qui bénéficiera même d'une attention particulière dans DRUNKEN MASTER 2 car la star y sera dirigée par Liu Chia-Liang. Mais surtout, LE PRINCE & L'ARNAQUEUR s'attarde sur la thématique charnière de la filmographie de Liu Chia-Liang : la relation entre le maître et l'élève. Un sujet sur lequel le cinéaste n'a cessé de passer au crible car, selon Liu, c'est sur cette dynamique relationnelle que repose les principales fondations du film de Kung-fu. C'est d'ailleurs grâce à ses nombreuses prestations de maître en kung-fu, que Liu Chia-Liang servira de modèle à Frank Miller pour créer le personnage de Stick, l'énigmatique professeur d'arts martiaux de Matt Murdock dans la bande dessinée DAREDEVIL.