Année de sortie française
Barbet Schroeder, Eugénie Grandval
terrorisme, rupture, provocation, nazisme, marginalité, énigme, Denis PARENT, défense, Wild Side, avocat, Wildside, gaspar noé L'avocat Jacques Vergès est né en politique au moment de la guerre d'Algérie. C'est là qu'il a pris fait et cause pour un anticolonialisme militant et sans étât d'âme qui l'a entraîné dans des combats douteux. Du FLN à Carlos l'écart fut grand, au mépris parfois de la simple éthique de sa propre profession. Le mystère de Jacques Vergès tient à sa disparition 8 années durant, une disparition qui a fait couler beaucoup d'encre. A ce jour les théories les plus folles ont couru sur l'itinéraire de cet homme qui a choisi de se cacher pour revenir au grand jour médiatique et entretenir son propre culte.
Des membres du FLN algérien à Carlos, en passant par des terroristes palestiniens et jusqu'au nazi Klaus Barbie, l’étrange avocat Jacques Vergès a défendu tous les ennemis de la République française en particulier et de tout l’Occident en général. En 2007 Barbet Shroeder remonte la piste de cet homme secret dans un document selectionné à Cannes dans la section Un certain regard,un film intitulé L’Avocat de la terreur. L’Avocat de la terreur raconte l’histoire du monde depuis 40 ans du côté des méchants.A 82 ans,Vergès,qui fut le héraut des causes perdues devient pour la postérité le héros de son propre film. Est-ce à dire qu’il en tire toutes les ficelles ?
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Côté "cinéma du réel" comme on dit, Barbet est un client qu’on oublie parfois, et pourtant son travail est impressionnant. Ses premières fiction, pile poil, dans l’utopie baba étaient aussi des films sociologiques on se souvient de More 1969 et de La vallée 1972. L’un était un film junkie, l’autre une fable écolo. Puis en docu pur il frappa fort avec Général Idi Amin Dada 1974 sur un ogre africain suivi en 1977 de Koko le gorille qui parle qui interrogeait notre humanité à la lumière de sa gibonnerie, enfin en 1982 il se lançait dans une série de courts sur l’écrivain Charles Bukowski. En gros la moitié de la carrière de Shroeder est marquée par le documentaire ou le docudrama. C’est d’abord sa formation qui veut ça. L’homme a trempé et pas qu’un peu dans le bain de la Nouvelle Vague puisqu’il fut journaliste cinq ans aux Cahiers du cinéma, assistant de Godard et producteur, entre autres, de Rohmer. Quand en 2007 il sort L’avocat de la terreur on voit bien qu’il ne s’est toujours pas lassé des marges. Jacques Vergès, qui incarne toute la mauvaise conscience de la France, est aussi une de ces stars perverses du barreau qui attaquent pour défendre avec un des ces narcissisme qui font plaisir à voir. Comme le dit Shroeder lui même « J’aime les monstres ».Si le film ne ramène pas complètement la lumière dans les zones d’ombre de Vergès,l’homme impénétrable ne s’en est pas offusqué. Il s’est juste dit victime de la perfidie du réalisateur. Une forme de coquetterie en quelque sorte.