Année de sortie française
Ben Maddow, Philip Yordan
La guerre de Corée fait rage. Une unité de l'armée américaine doit gagner la cote 465. Le lieutenant Benson et le sergent Montana dirigent la petite troupe en pleine retraite au coeur du territoire ennemi. Ils vont vivre un enfer au sein duquel la personnalité de chacun va se révéler. Qui survivra au carnage?
En atteignant la cote 465 la patrouille perdue a une chance de sauver sa peau. Robert Ryan et Aldo Ray crapahutent dans la Corée hostile dans un film de 1957 signé Anthony Mann. Connu en France sous le titre de “Cote 465” cette oeuvre majeure a pour titre original “Men in war” littéralement les hommes en guerre. Ces hommes ce sont essentiellement les lieutenants Benson alias Robert Ryan et le sergent Montana sous les traits de Aldo Ray. Les évènements évoqués, inspirés d'un épisode réel de la guerre, remontent au 6 septembre 1950. A peine 7 ans avant la production du film. Les Américains et c'est une de leur qualité n'ont jamais tardé à raconter les histoires de leur histoire.
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Anthony Mann a qualifié "Man in war" de film d'horreur et d'épouvante. C'est vrai qu'il décrit de sales gens faisant une sale guerre mais y'en a-t-il vraiment de propres? C'est le premier vrai film de guerre réalisé par un homme qui a par ailleurs quasiment réinventé le western. Mann récidivera un peu plus tard et plus anecdotiquement avec "Les héros de Telemark"en 1965. Men in war est entièrement construit sur l'analyse du groupe et sur ce que la violence détruit dans l'humanité des individus. Ca n'est pas un film politique sur la guerre, celle de Corée ou d'ailleurs, il ne pose aucunement la question de la légitimité ou non de ce conflit. C'est comme l'indique le carton du début une histoire à hauteur de fantassin. Avec bien sûr l'opposition de deux figures emblématiques de la virilité américaine, façon testostérone, Robert Ryan et Aldo Ray. Quelques mots sur Aldo Ray qui avait tout pour faire une star avec sa belle gueule de brute, sa voix rauque et son jeu instinctif. Il ne le fut pourtant jamais et termina sa carrière au milieu des années 70 dans d'obscurs navets. Mais il fut un peu l'incarnation de l'éternel sergent américain lui qu'on vit entre autre dans "Les Nus et les morts" de Walsh et Les Bérets verts sous le contrôle de John Wayne. Il fut d'ailleurs un combattant dans la marine pendant la seconde guerre mondiale où il vit de très près les sables d'Iwo Jima. Sa carrière d'acteur avait débuté en 1951 grâce à un concours de circonstances : alors qu'il accompagnait son frère Guido Ray à un casting ce fut lui qu'on embaucha. Lui et Robert Ryan jouèrent encore les dessalés dans "Le Petit arpent du bon Dieu" puis, bien plus tard en 1972 sous la direction de René Clément dans "La Course du lièvre au travers des champs". Cote 465, admiré par des gens comme Truffaut ou Scorsese, préfigure par son alternance de violence et de poésie panthéiste des films comme Platoon d'Oliver Stone ou The thin red line de Terrence Malick. Il a été tourné dans quelques lieux reculés de Californie bien loin du pays du matin calme. L'armée l'a vu d'un mauvais oeil et a même refusé de s'associer à certaines avant-premières sous pretexte qu'il offensait la dignité des officiers. Avec un faible budget de moins d'un million de dollars ce fut une très bonne affaire surtout à l'exportation.