Année de sortie française
Castelago Producciones, Filmax international, Just films, Via Digital
Fernando Marias, Paco Plaza
Entretien avec Paco Plaza - partie 1 de 2, Entretien avec Paco Plaza - partie 2 de 2
Wild Side, Religion, Rec 2, Père, Pacte, meurtre, Insectes, Espagne, Enfant, cinéma espagnol, Cédric JOUARIE, Wildside Après le mystérieux suicide de son père, la biologiste Daniella Logan va tenter de comprendre ce qui a poussé l’homme qu’elle admirait tant à commettre ce geste désespéré. Mais plus elle va enquêter sur les conditions du drame, plus elle va découvrir que son père n’était pas celui qu’elle croyait. Une vérité en entraînant une autre, ce sont les fondements mêmes de ses valeurs qui vont se trouver remis en cause…
Bien que LES ENFANTS D’ABRAHAM ait reçu le Prix du Meilleur Film Fantastique Européen au Festival de Sitges en 2002, il ne relève pas à proprement parler du genre ; ou plus exactement, il ne relève pas seulement du fantastique ! Son appartenance au genre tient en fait davantage à son climat, étrange et oppressant, qu’à une quelconque distance avec la réalité. D’ailleurs, pour être tout à fait précis, c’est justement parce que tout ce qui est décrit dans LES ENFANTS D’ABRAHAM pourrait tout à fait exister que le film fonctionne et suscite le malaise !LES ENFANTS D’ABRAHAM est le premier long métrage de Paco Plaza, mais le jeune réalisateur espagnol n’était pas pour autant un débutant. Il avait auparavant fait ses armes dans le court métrage, notamment avec ABUELITOS et ses grands-pères cannibales qui lui ont valu une certaine reconnaissance de la profession. C’est ainsi que le producteur Carlos Fernandez, à qui l’on doit quelques classiques récents comme LA SECTE SANS NOM ou FRAGILE, lui a proposé d’assurer la réalisation des ENFANTS D’ABRAHAM.Paco Plaza a par la suite réalisé L’ENFER DES LOUPS et plus récemment REC qui a connu un franc succès au cinéma pour son approche documentaire du film d’horreur.
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LES ENFANTS D’ABRAHAM est un film sous influence, à commencer, de l’aveu même du réalisateur Paco Plaza, par ROSEMARY’S BABY de Roman Polanski. On y retrouve ce même rythme, ces mêmes images aussi froides que construites, et surtout cette idée selon laquelle l’horreur, ou le monstre, ou quel que soit le nom que l’on veut lui donner, ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur.Même si c’est moins flagrant, Paco Plaza cite en référence les classiques de l’horreur gothique de la Hammer et de la Universal. Mais dans ce cas précis, l’influence est moins directe, plus diffuse. En effet, enfant, il regardait ces films-là en cachette de ses parents, et était obligé de les voir sans le son pour ne pas se faire surprendre. C’est la raison pour laquelle il a autant travaillé le cadrage et le découpage de son film ; afin que l’image se suffise à elle-même. Une manière, en quelques sortes, de revenir aux bases mêmes de la narration cinématographique.Enfin, thématiquement, le jeune réalisateur a une fascination pour les insectes et leur capacité à se métamorphoser au cours de leur existence, d’où les nombreuses scènes de nature entomologique dans le film. Pour Paco Plaza, ces scènes fonctionnent en fait comme un second niveau de lecture subliminal qui révèle les motivations de son héroïne : en cherchant à découvrir les mécanismes biologiques et la nature réelle des insectes qu’elle observe, elle comprendra peut-être mieux que son père pouvait, lui aussi, avoir une identité double et changeante…