Année de sortie française
interdit aux moins de 10 ans
Applause Pictures, Mediacorp Raintree Pictures
Jo Jo Yuet-Chun Hui, Lawrence Cheng
Alors que son petit copain Sam vient de la quitter, Joey, une jeune et jolie jeune fille, tente de mettre fin à ses jours dans un hôtel de Bangkok. Quand elle se réveille à l’hôpital, elle réalise son erreur et souhaite vite reprendre goût à la vie. Surtout quand elle se rend compte qu’elle est enceinte.
Mais sa tentative de suicide semble lui avoir laissé de graves séquelles psychologiques : elle commence à avoir des visions et à voir des revenants. Très vite, Joey se rend compte qu’il ne s’agit pas d’illusions, mais qu’elle développe un terrible pouvoir : celui d’entrer en contact avec les esprits des morts.
Dans le film The Eye, premier du nom, une femme aveugle de naissance se faisait greffer une nouvelle cornée. Alors qu’elle retrouvait ainsi la vue, des esprits apparaissaient tout autour d’elle, qu’elle seule semblait pouvoir voir.
Ici, dans The Eye 2, Renaissances, il s’agit d’ une jolie jeune fille qui, abandonnée par son fiancé rate sa tentative de suicide dans un hotel de Bangkok.
En même temps qu’elle se découvre enceinte de son ami, elle se voit dotée d'un nouveau et terrible pouvoir : celui de remarquer la presence des spectres à tous les coins de rue.
The Eye 2 est donc en apparence une histoire classique de fantômes, mais qui s’engage subitement dans une direction plus originale et intéressante que prevue.
Le film détournant alors ses filets d’angoisse vers un théme plus paranoïaque, celui d’une jeune femme enceinte qui crée une véritable psychose autour de sa grossesse.
Le développement de la dimension fantastique – à savoir l’intervention des fantômes – est ainsi habilement mis en parallèle avec la progression de cette grossesse.
L’intention du film des frères Pang est donc moins de faire peur, que de distiller une impression de malaise existentiel.
Le regard de l’autre, du voisin ou d’un simple passant se muant en force malfaisante.
On sent que comme pour le premier volet de la série, les frères Pang se sont intéressés à l’aversion que leurs personnages ressentent à l’égard de notre monde réel, ceux-ci préférant se laisser glisser dans un monde fictionnel, et affronter un univers fantastique peuplé de revenants plutôt que d’accepter de vivre parmi leurs semblables ou de donner la vie.
De sacrés misanthropes, ces frères Pang !
Mais pour notre plus grand bonheur de spectateurs !
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
The Eye 2, Renaissances est le troisième projet commun des frères Pang après Bangkok Dangerous et le premier volet de la série The Eye.
A eux deux, les jumeaux hong kongais font partie des figures clés du cinéma panasiatique, en n’hésitant pas à brouiller les pistes des origines de leurs multiples productions.
Dans la répartition de leur contribution artistique, autre que l’étape du tournage qui les concerne tous les deux, on peut dire que c’est à Oxide à qui revient le travail sur l’image, puisqu’il est même devenu un des grands spécialiste de l’image numérique.
Et c’est Danny qui gère le montage de leurs films. Danny est un monteur chevronné qui a entre autre été l’auteur du montage de la célèbre série hong kongaise des Infernal Affairs.
Alors les influences du film…
La représentation des fantômes maintient ici un lien de parenté évident avec de nombreux films asiatiques, mais surtout avec les célébrissimes Ring d’Hideo Nakata et ses plans de longs cheveux masquant les visages, ou encore Kaïro de Kiyoshi Kurosawa avec ses irruptions glaçantes de fantômes statiques qui semblent comme maintenus en suspension dans les décors urbains.
Et l’actrice à la beauté insolente qui tient le rôle de Joey, c’est…Shu Qi.
Vous l’avez sans doute aperçue ou…reluquée, c’est selon, dans les deux films du maître taiwanais Hou Hsiao Hsien, Millenium Mambo et Three Times,
La carrière de cette splendide créature dont la notoriété sur le continent asiatique est égale à celle d’Angelina Jolie chez nous, est aussi pléthorique qu’atypique.
Après avoir débuté à Hong Kong au milieu des années 90, dans des films roses, la comedienne taïwanaise s’est mise ensuite à jongler malicieusement entre films d’auteurs et cinéma très très commercial, comme Le Transporteur produit par Besson et où elle apparaît pendant tout le film en otage ficelé, encordé, et baillonné.
Mais pour les amateurs de sensualité bondage, je vous conseille plutôt de jeter un oeil averti sur l’apparition fantasque de Miss Shu Qi dans Sex and Zen, le numéro 2 de cette série totalement loufoque.
Quoiqu’il en soit, dans The Eye 2, elle a su troquer son sourire de garce vénéneuse pour celui d’une jeune mère attendrissante. Et ça marche !
Danny Pang ne s’y est pas trompé puisqu’il a réengagé Shu Qi dans son nouveau film, Sum yuen.