Francesca Annis,
Kyle Mac Lachan,
Sean Young,
Virginia Madsen,
Jose Ferrer,
Jurgen Prochnow,
Kenneth Mcmillan,
Sting,
Brad Dourif,
Dean Stockwell,
Linda Hunt,
Max Von Sydow
Année de sortie française
entretien avec David Lynch, le roman adapté, le roman inadaptable
Planète, Philippe ROUYER, Ordre religieux, Messianisme, Galaxie, Empire, classique, Clan, Science fiction, SF, Vers géants, Disséquons la science fiction En 10191, l’Empereur Shaddam Padishaw IV gouverne l’univers. Redoutant le clan des Atreïdes, il les envoie sur la planète Arrakis, plus connue sous le nom de Dune, une terre désertique d’où l’on extrait la fameuse Epice qui donne pouvoir et longévité. Le plan de l’empereur prévoit de faire massacrer les Atreïdes. Mais Paul Atreïdes, le fils du duc Leto, ainsi que sa mère Jessica, échappent à la mort. Ils s’enfuient dans le désert, apprennent à dompter les vers géants qui sévissent dans les sables et trouvent refuge auprès des Fremen, un peuple qui attend la venue d’un messie.
Avant David Lynch, Alejandro Jodorowsky avait essayé d’adapter Dune, le best seller de Frank Herbert. Entre autres stars, il avait prévu Orson Welles pour le baron Harkonnen et Gloria Swanson, l’ex-star du muet en révérente mère Benne Geserit. Pink Floyd aurait composé la musique. Mais il a dû abandonner faute de financements. En 1978, Dino De Laurentiis a racheté les droits et il a confié le projet à Ridley Scott. Pour les décors, ce dernier a engagé le dessinateur Giger, avec qui il avait déjà travaillé sur Alien. Mais comme le projet prenait du retard, Scott a préféré abandonner pour se consacrer à Blade Runner. Et c’est finalement David Lynch alors auréolé du succès d’Elephant Man (1980) qui a été engagé.
A l’époque, Lynch était en panne sur l’écriture de Blue Velvet et il a saisi l’opportunité. C’était sa première superproduction et il s’y est donné à fond. Il a travaillé un an sur le scénario. D’abord avec Chris de Vore et Eric Bergen ses complices d’Elephant Man, puis seul quand il a compris que leurs vues divergeaient. Lynch a aussi beaucoup discuté avec Frank Herbert l’auteur du livre qui lui a laissé carte blanche pour l’adaptation. En revanche la production lui avait imposé de ne pas dépasser 137 minutes et il a dû se débrouiller pour ajouter en voix off toutes les informations qu’il n’avait pas le temps de développer visuellement.
En définitive, même si Lynch a dû faire beaucoup de compromis, il a marqué le film de son empreinte. Que ce soit à travers le personnage de l’horrible baron Harkonnen ou dans l’observation de fascinants rituels avec le sable et l’eau.
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Pour les décors de Dune, Lynch, qui se retrouvait à la tête d’une équipe pharaonique, n’a pas pu faire autant par lui-même que sur ses autres films. Il a néanmoins beaucoup travaillé avec Tony Masters son décorateur afin de recréer sur chaque planète une ambiance différente. Pas moins de huit plateaux ont ainsi été mobilisés. Le tournage principal avec les comédiens a duré pendant six mois avec jusqu’à quatre équipes qui tournaient simultanément. Et il a fallu après encore six mois pour filmer les maquettes, miniatures et effets spéciaux.
Carlo Rambaldi, qui avait conçu les créatures du E.T. de Spielberg et de la version 1976 de King Kong, a travaillé un an sur les vers géants. L’animation de chaque ver réclamait les efforts coordonnés de six opérateurs. Le Navigateur dans son tabernacle noir réclamait lui 22 opérateurs. Même le système de harnais qui permettait au baron Harkonnen de flotter dans l’air était commandé par six techniciens. Beaucoup de grands décors extérieurs comme la forteresse Arraken ont été exécutés grâce au vieux truc des peintures sur verre. De même l’effet de brillance bleue des yeux des Arrakis a été obtenu en retouchant à la main chacune des 48 000 images où ils apparaissent.
La réussite visuelle de tous ses effets doit beaucoup aussi au directeur de la photographie Freddie Francis qui a su composer des éclairages inventifs en tenant compte des impératifs techniques des trucages. Lui-même réalisateur de films (Le Docteur et les Assassins, 1985), il avait déjà éclairé pour Lynch Elephant Man et devait le retrouver en 1999 pour son ultime film Une histoire vraie.
Malgré leurs différends, Lynch n’a jamais dit de mal de ses producteurs Dino de Laurentiis et sa fille Rafaella. Au point que c’est encore la compagnie De Laurentiis qui a produit son film suivant, une œuvre elle totalement personnelle : Blue Velvet. Pour incarner le protagoniste de ce film, Lynch a repris celui qu’il avait fait débuter à l’écran en lui confiant le rôle messianique de Paul Atreïdes dans Dune, à savoir Kyle MacLachlan, le futur agent Dale Cooper de Twin Peaks qui allait s’imposer comme le double du cinéaste dans ses films.