Biran Dennehy,
Kevin Anderson,
Penelope Ann Miller,
Richard Gere,
Helen Hunt,
John Malkoch,
Laurie Metcalf,
Terry Kinney,
Judith Ivey,
Moira Harris,
Randall Arney
Année de sortie française
interdit aux moins de 10 ans
Braveworld Productions, J&M Entertainment
Philippe ROUYER, journaliste, incendie, Hypothèque, Frères, hors la loi, foire, Exploitation agricole, cavale, en ce moment, Policier, sheridan En 1959, l’exploitation de Frank Roberts Sr. dans l’Iowa était tellement un modèle qu’elle avait eu les honneurs d’une visite de Nikita Khrouchtchev. Mais aujourd’hui, les conditions économiques ont bien changé. Frank Jr. et Terry, les deux fils qui ont repris l’entreprise familiale sont criblés de dettes. Quand la banque vient les informer que leurs biens sont saisis, ils préfèrent incendier le domaine. Leur geste a un grand retentissement dans la presse locale et auprès des paysans. Ils deviennent des vedettes. Ce succès monte à la tête de Frank.
Projeté en compétition officielle lors du festival de Cannes 1988, Rien à perdre est le premier long métrage réalisé par Gary Sinise. Celui dont on se souvient aujourd’hui comme le machiavélique adversaire de Nicolas Cage dans Snake Eyes de Brian de Palma (1998) était alors surtout connu comme acteur et metteur en scène de théâtre. Il a été un des co-fondateurs du Steppenwolf Theater de Chicago et c’est au sein de cette compagnie qu’il a recruté de nombreux comédiens pour son film : notamment Kevin Anderson (qui joue le frère du héros), Laurie Metcalf et John Malkovich. Même si à l’époque ce dernier avait déjà joué au cinéma, dans L’Empire du soleil de Spielberg entre autres.
Rien à perdre marque aussi les débuts au cinéma du producteur de théâtre new-yorkais Frederick Zollo. C’est lui qui a eu l’idée d’aller chercher Sinise pour mettre en scène le premier scénario de Chris Gerolmo (Mississippi Burning).
Elle n’est pas mentionnée au générique, mais ce film marque la première apparition au cinéma de Laura San Giacomo qu’on allait découvrir l’année suivante dans Sexe, mensonges et vidéo de Steven Soderbergh. A l’inverse, Richard Gere était déjà une vedette de l’écran. Avec des films comme American Gigolo ou A bout de souflle made in USA, il avait su imposer sa silhouette de séducteur volontiers rebelle. Il avait un grand-père agriculteur et il a raconté qu’il avait eu envie de faire ce film pour explorer ses origines familiales. Comme son partenaire Kevin Anderson, pour se familiariser avec son personnage, il a vécu dans une ferme et côtoyé des agriculteurs pendant sept semaines, avant le début des prises de vues.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Même s’il s’était fait la main avec deux épisodes de la série Crime Stories produite pour la télévision par Michael Mann, Gary Sinise, au moment de tourner Rien à perdre, avait surtout une expérience de mise en scène au théâtre. Ce qui n’était pas négligeable car, sur les planches, il avait l’habitude d’employer des procédés cinématographiques comme les fondus enchaînés et même les gros plans (grâce à une utilisation inventive des projecteurs).
Pour préparer la mise en scène de Rien à perdre, Sinise n’a pas hésité à faire venir ses acteurs sur ses lieux du tournage bien avant le début des prises de vues pour penser déjà à ses cadrages. Si la caméra est souvent statique dans son film, il avait prévu d’emblée que cinq séquences (dont celles de la tempête et de l’incendie) seraient tournées caméra à la main pour leur communiquer une énergie frénétique qui contraste avec le calme stoïque du reste du film. Chaque matin pendant le tournage, il retrouvait sur le plateau son directeur de la photographie Elliot Davis deux heures avant le reste de l’équipe et ils étudiaient ensemble comment découper chaque scène en fonction des émotions qu’il voulait faire passer.
Dans la première moitié des années quatre-vingt, Hollywood avait produit une salve de films à succès qui traitaient de l’Amérique agricole. On se souvient des Saisons du cœur de Robert Benton, des Moissons de la colère de Richard Pearce et de La Rivière de Mark Rydell. Mais comme l’a toujours affirmé Sinise, Rien à perdre se rattache moins à cette vague de films campagnards qu’à la longue tradition des cavales meurtrières en forme de road movie. Avec des classiques comme Les Amants de la nuit de Nicholas Ray, Bonnie and Clyde d’Arthur Penn et dans un contexte également très rural La Balade Sauvage de Terence Malick. à la différence qu’il ne s’agit pas ici d’amants en fuite, mais de deux frères écrasés par l’image du père. Comme dans A l’est d’Eden d’Elia Kazan, une autre référence explicite de Sinise.
Très logiquement, Sinise a renoncé pour son film au banjo, à la country et à toute musique qui rappelait la campagne.