Etats-Unis d'Amérique | Royaume-Uni
Année de sortie française
interdit aux moins de 12 ans
En 1740, l’empire espagnol s’étend jusqu’en Amérique du Sud. Frère Gabriel, un jésuite idéaliste, fonde une communauté pacifiste chez les Indiens Guaranis. Il est bientôt rejoint par le mercenaire Mendoza, ancien marchand d’esclaves en quête de rédemption. Quelques années plus tard, l’Espagne a décidé du sort des missions jésuites : elles doivent disparaître ...
ROLAND JOFFé n’a qu’un long métrage à son actif quand il se lance dans la gigantesque aventure que représente MISSION. Comme beaucoup de réalisateurs britanniques, il a fait ses armes à la télévision avant de signer LA DéCHIRURE, dans lequel il révélait sa nature de cinéaste engagé, en dénonçant la répression des Khmers rouges au Cambodge.
Fort du succès de ce premier film, récompensé par trois Oscars, il se voit contacté par ROBERT BOLT, scénariste hollywoodien à qui l’on doit notamment LAWRENCE D’ARABIE et DOCTEUR JIVAGO. Ce dernier lui propose de porter à l’écran un projet de longue date situé aux temps des conquistadors, évoquant le destin de la tribu des Indiens GUARANIS.
Fasciné, ROLAND JOFFé décide de faire le film à une condition : trouver de vrais Indiens avec lesquels tourner. C’est en Colombie, et avec l’aide d’un anthropologue, qu’il rencontre finalement une tribu prête à participer au film : des Indiens qui n’avaient jamais eu aucun contact avec l’homme blanc, et qui voyaient donc en ROLAND JOFFé un fantôme !
Sous son impulsion, MISSION devient une fresque réaliste et militante, dénonçant le colonialisme des Européens en Amérique du Sud, et critiquant la corruption politique de l’Eglise romaine.
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Avec le recul, il est assez fascinant de constater le casting de rêve dont a bénéficié ROLAND JOFFé pour son deuxième long métrage.
Côté artistique, le film réunit Liam NEESON, au seuil de sa carrière, JEREMY IRONS, qui confirme son talent peu de temps après le succès de LA MAITRESSE DU LIEUTENANT FRANCAIS, et ROBERT DE NIRO, qui s’offre une nouvelle performance après deux Oscars – pour le PARRAIN 2 et RAGING BULL.
Côté liste technique, la distribution est tout aussi impressionnante : CHRIS MENGES, directeur de la photographie, se verra oscarisé pour le film avant de signer un premier long métrage à succès, UN MONDE A PART, salué par le Grand Prix du Jury au festival de Cannes en 1988.
Mais le vrai coup de génie du film tient dans la collaboration de ROLAND JOFFé avec ENNIO MORRICONE, compositeur fétiche de SERGIO LEONE : il signe une bande originale restée dans toutes les mémoires, au même titre que la scène d’ouverture de MISSION, qui voit un corps d’homme fixé sur une croix dévaler les impressionnantes chutes d’Iguacu.
Pour l’anecdote, notons qu’ENNIO MORRICONE a toujours considéré s’être fait voler l’Oscar de la meilleure musique de film l’année où il était nominé pour MISSION. Ce qui ne l’empêchera pas de retravailler avec ROLAND JOFFé sur trois autres longs métrages : LES MAITRES DE L’OMBRE, LA CITE DE LA JOIE et VATEL.
Des films qui n’ont pas vraiment marqué les mémoires, MISSION restant à ce jour le point culminant de la carrière de ROLAND JOFFé, salué à l’époque par une Palme d’Or controversée.
Les journalistes reprochaient au président de Jury de l’époque, SIDNEY POLLACK, d’avoir préféré le potentiel commercial du film au détriment de l’exigence artistique d’ANDREï TARKOVSY, présent la même année en compétition avec LE SACRIFICE.