Dominique Pinon,
Emmanuelle Seigner,
Gérard Klein,
Harrison Ford,
Yves Renier,
Betty Buckley,
Djiby Soumare,
Laurent Spielvogel,
Marc Dudicourt,
Artus de Penguern,
Richard Dieux,
Robert Ground
Année de sortie française
Gérard Brach, Roman Polanski
nucléaire, mystère, lune de miel, espionnage, disparition, Denis PARENT, danger, Denis PARENT, amour, Paris, poursuite, trafic Durant un congrès à Paris, la femme du Dr Walker, médecin américain, disparaît. Lâché par les autorités, Walker part à sa recherche, dans ce pays dont il ne parle pas la langue. Très vite, il s'aperçoit que la disparition est liée à un échange de valise. Aidée par Michelle, une mystérieuse jeune femme, il remonte la piste et découvre bientôt qu'une histoire d'espionnage est à l'origine de tous ces événements. Au coeur d'un imbroglio international auquel il est mêlé malgré lui, le paisible médecin retrouvera-t-il son épouse vivante ?
Les grands cinéastes étrangers filment Paris de telle manière qu’elle devient pour nous une ville étrangère. Dans Frantic, Roman Polanski, qui a toujours été plus polonais et californien que parisien - bien qu’il soit né à Paris en 1933 - donne de la capitale une de ses cartes postales les plus paranoïaques. Paris devient la ville hostile, la ville de la disparition, la capitale du désarroi. Sorti en 1988, le film est marqué de l’empreinte du regretté scénariste Gérard Brach, frappé pendant une partie de sa vie d’agoraphobie au point de ne pas sortir de son appartement. Cette peur de l’espace et d’autrui est celle qui habite Harrison Ford dans une fable étrange où une femme se substitue à une autre, où la langue de Molière est celle de l’indifférence, et où les Américains à Paris ne valent guère mieux que les Français.
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Cette fois-ci le survivant est sous la douche quand la victime est enlevée dans la chambre. C’est beau comme du Hitchcock et ce n’est évidemment pas un hasard. D’ailleurs le clin d’œil ultime, c’est Polanski lui même faisant son petit caméo dans la peau d’un chauffeur de taxi. Et que dire du nom du héros, ce brave docteur qui se nomme Walker « le marcheur » alors qu’il cavale pendant tout le film ? Enfin il y a cet échange de valises, quiproquo et MacGuffin pour ouvrir la porte au danger. C’est aussi un film fidèle à l’esprit des studios américains puisque la plupart des intérieurs furent reconstitués aux studios de Boulogne. Ceux qui fréquentèrent jadis les Bains Douches les ont reconnus sous le patronyme du « Blue Parrot », ainsi que l’hôtel Intercontinental, et la rue des Trois frères dans le 18ème. Côté casting, avec la star Ford, qui fut d’assez mauvaise humeur sur ce film, qu’il aurait voulu rebaptiser « Moderatly disturbed » au lieu de Frantic (« légèrement agité » à la place de « frénétique »), on découvre la jeune Emmanuelle Seigner, dont ce n’est pas la première apparition au cinéma contrairement à ce que prétend le générique. On l’avait vue chez Godard dans Détective et chez Granier-Deferre dans Cours Privé. Le réalisateur aimera tellement son actrice qu’il l’épousera en 1989 et lui fera deux enfants. Le film, mal accueilli par la critique française, aura de bons échos outre-Atlantique. Paradoxe : Polanski avait, depuis plus de dix ans, fui les Etats-Unis à la suite d’un procès pour viol sur mineure. Il faut dire que, la Warner produisant le film, le péché semblait moins grand. C’est une période difficile pour notre grand cinéaste cosmopolite. Il sort du désastre de Pirates, film qu’il reniera, et va tourner pendant les années 90 trois films mineurs : Lune de fiel, La jeune fille et la mort et La neuvième porte, tous à la fois très proches de lui et pourtant dénués de sa grâce. Il faudra attendre le 21e siècle et le triomphe du Pianiste pour voir le retour du grand petit homme sarcastique.