Souvenirs. Un homme est en proie à de redoutables fantasmes. Où est passée sa femme ? Est-elle en danger ? Veut-elle le tuer ? L’a-t-il tuée ? Réalité et cauchemars s’entremêlent...
La Roue. Un saltimbanque hérite d’une marionnette sacrée... et de l’effroyable malédiction qu’elle porte.
Chez nous. Un homme emménage, avec son fils, dans un immense building en passe d’être détruit. Il croise le dernier habitant, mystérieux et solitaire. Son fils étant disparu, il rentre chez son voisin et découvre qu’il entretient et protège le corps de sa femme décédée depuis plusieurs années.
3 histoires de l’au-delà est sorti aux Etats-Unis sous le titre 3 Extrêmes 2 pour tirer profit au maximum de l’énorme succès rencontré par 3 Extrêmes, film à sketches proposant trois récits fantastiques réalisés par le Hong-Kongais Fruit Chan, le Coréen Park Chan-wook et le Japonais Takashi Miike, film sorti en 2005, en France comme aux USA.
L’initiative de cet exercice revenait au producteur Peter Chan. D’abord assistant de John Woo, il a produit bon nombre de succès commerciaux de Hong-Kong. Parmi ses productions plus ambitieuses et distribuées internationalement, citons Nouvelle cuisine de Fruit Chan et la série The Eye des frères Danny & Oxide Pang.
Ses réalisations sont restées plus discrètes. On retiendra sa seule incursion hollywoodienne pour le sirupeux et vieillot Destinataire inconnu (avec Kate Capshaw et Tom Selleck) et ce qui reste son plus gros succès : la comédie musicale Perhaps Love (projetée en clôture à Venise en 2005). Il réalise ici le dernier des trois courts métrages de ce nouveau triptyque : le plus lyrique et le plus inspiré.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Le concept de ce second programme de 3 courts métrages fantastiques était de convier à nouveau 3 réalisateurs de 3 pays asiatiques différents pour signer 3 films sur un seul et même thème : l’au-delà et, plus spécifiquement, la vie après la mort.
3 Extrêmes regroupait un cinéaste hong-kongais, un coréen et un japonais. Pour ce nouvel opus, le Japonais Hideo Nakata, maître du genre et auteur culte de Ring et Dark Water, ayant décliné l’invitation, le producteur Peter Chan (hong-kongais de cœur, mais thaï de naissance) s’est tourné vers un cinéaste issu du Royaume de Siam. Les films de Nonzee Nimibutr étaient restés assez confidentiels en dehors des frontières de la Thaïlande (toutefois découverts par les professionnels à Berlin, Toronto ou Rotterdam). Avec cette histoire de marionnette diabolique, il joue pleinement la carte exotique et a recours aux traditions ancestrales asiatiques.
On sait combien les fantômes sont présents dans la culture asiatique, et le cinéma, au travers de quelques films-manifestes, a su transmettre la richesse de cet univers fantasmagorique, notamment grâce à Kwaidan de Kobayashi et aux Histoires de fantômes chinois de Tsui Hark.
De son côté, Kim Jee-woon, lorsqu’il signa Souvenirs, le premier de ces 3 sketches, n’avait pas encore réalisé Deux sœurs. Il est aujourd’hui un habitué du Festival de Cannes où A bittersweet life et Le Bon, la brute et le cinglé ont été présentés en sélection officielle.
Le troisième film, le hong-kongais, devait être réalisé par Teddy Chan qui en avait écrit le scénario, mais il fut finalement retenu sur un autre projet. Peter Chan se décida à le réaliser lui-même, mais changea considérablement l’esprit du récit. Plus intéressé par sa dimension émotionnelle que par la galerie d’effets visuels que pouvait inspirer l’expérimentation médicale, il choisit de rendre plus ésotérique Chez nous, le faisant ainsi dériver de l’horreur pure vers un drame romantique vibrant.