Jeanne et Paul ne se remettent pas de la perte de leur fils disparu dans le tsunami de 2004. Certaine qu'il a été kidnappé dans le chaos qui a suivit la catastrophe, Jeanne persuade son compagnon de se rendre en Thaïlande pour retrouver leur rejeton. Le couple embarque alors au coeur de la jungle, pour un voyage initiatique qui va les emmener aux frontières du surnaturel.
On ne peut pas dire que Vinyan fasse dans le cinéma fantastique traditionnel. Ici, pas de vampire aux dents aiguisées, pas de serial killer dégénéré et même pas le moindre milligramme d'eau bénite souillée. Ici on est plutôt dans le cinéma sensitif post-Werner Herzog. On suit donc le parcours halluciné d'un couple qui tentent de retrouver leur jeune fils disparu après le ravage du tsunami. Persuadés qu'il a été kidnappé par des trafiquants de mômes au lieu d'avoir péri dans les flots, Jeanne et Paul se rendent au coeur de la jungle thaïlandaise pour retrouver leur rejeton. Quitte à affronter durement l'absence de raison et les démangeaisons de l'âme. Mis en scène par un « yes man » quelconque , Vinyan n'aurait pas été plus loin que son pitch. Mais le belge Fabrice Du Welz, remarqué en 2004 avec son formidable Calvaire, réussit à transcender son sujet pour faire vivre un délire quasi métaphysique au spectateur. Un peu dans l'esprit de deux autres grands films français récents méconnus : Enquête Sur Le Monde Invisible de Jean Michel Roux et Innocence de Lucile Hadzihalilovic. Comme dans Calvaire, Du Welz fait donc partir ses personnages de la réalité pour les amener progressivement dans un univers fantasmatique qui n'est là que pour refléter leurs cauchemars, leurs doutes et leurs espoirs.
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