Au cours de la Première Guerre mondiale, l'avion du lieutenant Maréchal et du capitaine de Boeldieu, de l'escadrille MF902, est abattu par le commandant allemand von Rauffenstein. Dans le camp de prisonniers, les deux français retrouvent leurs compatriotes déjà internés et bien décidés à s'échapper. Mais, alors que le trou qu'ils creusent depuis deux mois est sur le point de les mener vers la liberté, ils sont transférés dans un autre camp, Maréchal et Boeldieu se retrouvant à Wintersborn, forteresse médiévale où ils retrouvent von Rauffenstein, à la fois « enchanté » et « désolé » de les revoir...
Le 8 juin 1937, les parisiens découvrent la Grande illusion, le nouveau film de Jean Renoir qui, après le Crime de Monsieur Lange, Partie de Campagne et les Bas-fonds, propose une oeuvre humaniste et pacifiste dans laquelle, ne prenant partie ni pour celui-ci, ni pour celui-là, il exprime clairement son mépris des frontières – dont la nature n'a que faire – et prouve que, même en temps de guerre, les adversaires peuvent rester des hommes ; « Que la guerre soit légère à notre courageux adversaire », déclare, solennel et droit dans sa minerve, l'imposant commandant von Rauffenstein, alias Erich von Stroheim.
Unanimement considéré comme un chef-d'oeuvre et même classé parmi les douze meilleurs films de tous les temps par un jury de critiques réuni à Bruxelles en 1958 à l'occasion de l'exposition universelle, la Grande illusion fut qualifiée « d'ennemi cinématographique n°1 » par Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du IIIe Reich, alors que, de son côté, Roosevelt – trente-deuxième président des états-Unis – déclara, au terme d'une projection privée à la Maison Blanche, en novembre 1937 : « Tous les démocrates du monde devraient voir ce film ». D'ailleurs, malgré sa nationalité et sa langue d'origine – le français – la Grande illusion fut nommé à l'Oscar du meilleur film de l'année, suprême récompense finalement attribuée cette année-là au célèbre Vous ne l'emporterez pas avec vous, de Frank Capra.
Voici donc la Grande illusion, au générique duquel vous allez découvrir une certaine « Gourdji » au poste de script-girl. Il s'agit de France Gourdji, la future journaliste, écrivain et femme politique, plus connue sous le nom de Françoise Giroud.
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