Année de sortie française
Baltimore pictures, Face Productions
Harold Ramis, Kenneth Lonergan, Peter Tolan
psychiatre, parrain, New York, mafia, déprimé, dépression, humour, amitié, léger, Olivier NICKLAUS, chaîne farniente Ben Sobol est un modeste psychiatre dépassé par son père, et sur le point de se marier. Il voit un jour débarquer Don Paul Vitti, parrain mafieux de New York, qui est en proie à des crises d'angoisse soudaines et n'arrive plus à assurer correctement sa charge de "Parrain". Ben Sobol doit alors composer avec cet encombrant patient, qui risque à tout moment de le liquider.
En 1999, au moment même ou la série télévisée The Sopranos, produite et diffusée par la chaîne HBO, cartonne partout dans le monde, Harold Ramis réalise une comédie parodique qui décline les mêmes éléments principaux de façon troublante.
Tous deux issus de la mafia italienne, le parrain de la série et celui du film ont des problèmes intimes qu’ils cherchent à résoudre en s’allongeant sur le divan d’un psy.
La différence est dans le ton : la série a un ton réaliste, alors que le film est délibérément parodique.
On pouvait faire confiance à Harold Ramis, réalisateur des hilarants Un jour sans fin ou Mes doubles, ma femme et moi pour rendre irrésistible un tel matériel.
Il peut s’appuyer sur les acteurs idoines.
En effet, la dépression du personnage de parrain joué par Robert de Niro est d’autant plus drôle qu’elle est crédibilisée par tous les rôles de mafieux que De Niro a incarné au cinéma : Johnny Boy Civello dans Mean Streets de Martin Scorsese en 1973, le parrain Vito Corleone jeune dans Le Parrain 2 de Francis Ford Coppola en 1974, le gangster juif Noodles Aaronson dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone en 1984, Al Capone dans Les Incorruptibles en 1987, ou celui de Jimmy Conway dans Les affranchis, de Scorsese encore, en 1990.
En contrepoint, dans le rôle du psy, personnage très woody-allenien, on retrouve Billy Crystal, révélé dix ans plus tôt par son rôle dans la comédie romantique Quand Harry rencontre Sally.
Enfin, dans le rôle de sa fiancée, une actrice révélée par une série justement - la série Friends - la pétillante Lisa Kudrow.
Lire (à consulter de préférence après avoir vu le film)
Maintenant le film vu, on peut en répertorier les clins d’œil à la culture mafieuse.D’abord, si le rêve du psy Ben Sobel parodie Le Parrain, c’est bien sûr parce que Robert de Niro a joué dans Le Parrain 2.Mais le scénario de Mafia Blues ne s’inspire pas seulement d’autres films sur la mafia. Par exemple, le personnage de Don Paul Vitti est inspiré de la vie d’un vrai mafieux nommé Don John Gotti.Toutes les scènes de restaurants ont été tournées dans des restaurants où ont eu lieu de vraies fusillades entre gangs mafieux, à l’exception de Sparks Steakhouse où la fusillade a eu lieu sur le parking !Convaincu de l’importance de tels détails réalistes, Robert De Niro a emmené le réalisateur Harold Ramis en promenade en voiture à Little Italy, le quartier italien de New York, pour trouver de vrais Italiens à embaucher pour faire de la figuration dans le film.Au cours de la production du film, il fut question un moment que Robert De Niro et Billy Crystal le codirigent.Puis ils abandonnèrent cette idée, pensant un temps en confier les rênes à Martin Scorsese, car il a beaucoup filmé la mafia italienne.Mais ils ont admis finalement que, le film étant une comédie, le plus simple était d’en laisser la réalisation à un réalisateur de comédies confirmé : le nom d’Harold Ramis s’est alors imposé comme une évidence.Le succès public et critique du film relança un genre – celui des films intégrant le dispositif analytique - pour lequel un cinéaste comme Woody Allen avait fait beaucoup avec, par exemple, le film Une autre femme avec Mia Farrow et Gena Rowlands.Dans les comédies sorties suite au succès de Mafia Blues, on citer Self Control de Peter Segal avec Adam Sandler et Jack Nicholson dans le rôle d’un psy envahissant en 2002 ou encore Petites confidences à ma psy de Ben Younger avec Meryl Streep et Uma Thurman en 2006.