300

À partir de 2.99 €
Pour les solutions que Zach Snyder invente pour son deuxième film- il faut l'avouer contesté - consacré à la bataille des Thermopyles
Politique / Histoire - 2007 - Etats-Unis d'Amérique - 112 MIN - VM - HD - interdit aux moins de 12 ans
En 480 avant Jesus Christ, le roi de Sparte, Léonidas et ses 300 meilleurs soldats, affrontent l'armée du roi de Perse Xerxès qui tente d'envahir la Grèce. Postés devant le défilé des Thermopyles (qui laissa son nom à la bataille), entre la mer et la montagne, les 300 opposent, trois jours durant, une résistance héroïque.

Réalisé par

6.6 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Jacky Goldberg
Jacky Goldberg
CHRONIQUEUR

Quand il ne fait pas courir des zombies devant l'entrée barricadée d'un supermarché (dans L'armée des morts), ou danser des jeunes filles sur la scène d'un asile psychiatrique (dans Sucker Punch), Zach Snyder a une passion : faire se fracasser des guerriers musclés sur la musique post-industrielle du groupe Nine Inch Nails. 300, son deuxième film réalisé en 2007, suit ainsi un scénario élémentaire qu'on pourrait résumer ainsi : 300 soldats d'élite issus de la déjà très sélective armée spartiate, menés par leur roi Léonidas, font corps pour bloquer l'avancée de l'armée perse, 100 fois plus nombreuse. Ils sont gonflés à bloc, vaillants, armés jusqu'aux dents, et ne craignent pas la mort. Voilà, c'est à peu près tout. A partir de ce pitch martial des plus basiques, Snyder compose un film de guerre boosté aux effets numériques, un péplum à l'ère du pixel, d'une brutalité quasi inégalée.

Pour incarner le roi des Spartiates, Léonidas, il fallait un acteur au charisme noir, un surhomme suintant la testostérone. Aussi, c'est Gerard Butler qui prête ses traits au roi martyr. Surentraîné pour le rôle et totalement crédible en chien de guerre implacable, l'acteur écossais se révélait là au grand public. Outre quelques petits rôles dans un James Bond (Demain ne meurt jamais) et dans Lara Croft : Tomb Raider, Butler avait déjà joué des rôles de guerriers dans Attila, un téléfilm anglais et dans Les Prisonniers du temps (de Richard Donner). Mais sa carrière fut véritablement lancé par le succès colossal de 300 (presque un demi milliard de recette pour 70 millions de budget), et il put par la suite s'adonner à des rôles moins bourrins (quoique) : par exemple dans les comédie romantiques PS I Love You, L'abominable vérité ou Chasseur de primes. Par ailleurs, on reconnaitra là, sous les tartines de maquillage numériques, quelques acteurs de choix : Dominic West, qui joue l'inspecteur McNulty dans la série The Wire, et Michael Fassbender, qui allait décrocher 4 ans plus tard, en 2011, le prix d'interprétation à Venise.

Avant d'être un film, 300 était un roman graphique de Frank Miller, l'auteur remarqué de Sin City (adapté par Robert Rodriguez en 2005) et de The Dark Knight (qui a fortement inspiré le Batman de Christopher Nolan). Egalement réalisateur de The Spirit (le justicier inventé par Will Eisner), Frank Miller n'a cessé durant les années 2000 de fricoter avec Hollywood. On peut même parler, à propos de cette collaboration et de quelques autres, d'un véritable sous-genre. Qu'est-ce qui le caractérise ? Tout d'abord, ce sont des films situés dans des univers proches du nôtre mais avec un léger décalage. Ainsi, et on le lui a beaucoup reproché, 300 n'est pas un décalque des livres d'histoire. Il s'inspire du récit la bataille des Thermopyles en -480, mais en livre une version esthétisée, tout comme le peintre David pouvait le faire avec les batailles napoléoniennes ou antiques. Ensuite, ce sont des univers sombres et violents, où l'humanisme n'a pas sa place. Vous verrez ainsi que dans 300, les héros (entre guillemets) ne respectent pas vraiment la convention de Genève. Enfin, les effets numériques y ont une place prépondérante. 300, tout comme Sin City et The Spirit, a ainsi été tourné entièrement sur fond vert, ce qui permet une malléabilité totale de l'image. Tout ou presque se fait en postproduction (qui a duré plus d'un an dans le cas de 300), et ce sont les planches même du comics qui servent de storyboard. Est-ce un respect du média d'origine ou un asservissement ? A vous de juger.

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