A BOUT DE COURSE

À partir de 2.99 €
Parce que le film figurait parmi les préférés de son réalisateur Sidney Lumet
Drame - 1988 - Etats-Unis d'Amérique - 112 MIN - VM - Tous publics

Pour avoir provoqué la mort d’un homme lors d’une action de protestation contre la guerre du Vietnam, un couple est contraint à la clandestinité et à de nombreux déménagements. Ce qui ne les empêche pas d’élever leurs deux garçons. Mais l’aîné rencontre une jeune fille, un amour naît. Qui apparaît rapidement contradictoire avec la nécessité du secret. D’autant que le jeune homme laisse entrevoir ses dons pour le piano, ce qui attire l’attention de ses professeurs.

Réalisé par

7.8 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

A bout de course est le titre français du film. Un titre honnête mais qui ne traduit pas toute la subtilité du titre original. Car Running on empty est plus qu’une expression, c’est un concept. A l’origine, cela signifie que l’on roule avec si peu d’essence dans le réservoir que l’on risque à tout moment de tomber en carafe. La métaphore est belle, qui peut servir en toutes circonstances. C’est notamment le cas de la famille Pope, avec laquelle nous allons vivre près de deux heures.

Pour avoir plastiqué une usine de napalm pendant la guerre du Vietnam par idéal pacifiste, Annie et Arthur doivent vivre dans la clandestinité. Car l’attentat a causé la mort d’un vigile et le FBI les traque sans relâche. Ce qui oblige les Pope à changer de nom, d’identité et de lieu de résidence très régulièrement. Une sorte de bohême forcée dont tout le monde a épuisé les charmes depuis belle lurette. Surtout Danny, le fils aîné, qui arrive à un âge où il n’est pas aberrant de vouloir faire des projets et de tisser des liens affectifs hors de la famille… Les bases étant posées, il aurait été facile de sombrer dans le mélo. Mais rien n’est plus étranger à Sidney Lumet qui, quelle que soit sa sympathie pour ses personnages, ne manque jamais de lucidité à leur endroit. Le film ne joue pas non plus la carte du suspense, et la question de savoir si la police va finalement arriver à ses fins se révèle assez vite secondaire. Ce qui intéresse Lumet et sa coscénariste, c’est la façon dont les fuyards ont su se construire une vie alternative parvenant à concilier le respect de leurs idéaux et les règles élémentaires de sécurité. Ce qui ne va pas toujours dans le même sens. Les personnages ont sans doute conservé un idéal soixante-huitard, mais ce n’est pas le cas du film, qui date de 1988.

Et qui réclame davantage le droit à une certaine sérénité, l’agitation des années soixante et ses flamboyances contestataires paraissant désormais si loin.

Il n’est pas interdit de voir le film également comme une réflexion sur le temps qui passe et sur le vieillissement des idéaux d’une époque dont le souvenir se fane peu à peu. Un très bel hommage en somme, tout en demi-teinte, aux cocus de l’Histoire.

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