AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU

À partir de 2.99 €
Pour un film tourné trés loin (au Pérou) sans trucages et ça se remarque!
Aventure / Action - 1975 - Allemagne - 90 MIN - VF - Tous publics

En 1560, une expédition espagnole, placée sous les ordres de Pedro de Ursua, part à la recherche de l’Eldorado, le pays de l’or. Les recherches, qui ne donnent rien, sont bientôt abandonnées, mais Aguirre, illuminé et mégalomane, fomente une mutinerie et prend le pouvoir. Il nomme Empereur d’Eldorado et exécute ceux qui ne le suivent pas dans sa folie...

Réalisé par

7.7 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Laurent Bourdon
Laurent Bourdon
CHRONIQUEUR

En 1971, après avoir réalisé de nombreux courts métrages et cinq longs métrages dont aucun n’avaient remporté le succès espéré, le cinéaste et producteur allemand Werner Herzog (29 ans) commence à travailler sur Aguirre, la colère de Dieu, cette histoire – véridique – de conquistadors du 16e siècle, partis à la conquête d’un mythique Eldorado qu’ils croyaient caché derrière la luxuriante végétation des larges rives du fleuve Amazone. A la tête de cette expédition, Lope de Aguirre (1508-1561), originaire du Pays Basque espagnol, réputé pour sa cruauté et surnommé « El Loco » (le fou).

A personnage hors du commun, interprète hors du commun. C’est ainsi que le cinéaste engage Klaus Kinski (45 ans), acteur né en Pologne et ayant grandi à Munich avant d’être enrôlé dans l’armée allemande et fait prisonnier. C’est deux ans après la guerre que Nikolaus Nakszynski devient Klaus Kinski et fait scandale en interprétant, sur scène, le rôle unique et féminin de la Voix humaine, le monologue de Jean Cocteau, créé à la Comédie Française, en 1930, par Berthe Bovy. Au cinéma, on le remarque vraiment en 1955. Cette année-là, il est Otto, le frère du fameux roi fou, dans Louis II de Bavière d’Helmut Kaütner et l’un des assassins de l’Archiduc François-Ferdinand, dans Sarajevo de Fritz Kortner. C’est le début, prometteur, d’une prolifique carrière. De 1955 à 1970 (sa rencontre avec Herzog), il n’arrête pas de tourner. On le retrouve à l’affiche de plus de 70 films en 15 ans, des productions majoritairement germano-hispano-italiennes et, il faut bien le dire, majoritairement oubliées, comme Guet-apens à Téhéran, Macho Callaghan se déchaîne ou autres FBI contre l’œillet chinois, sans oublier une bonne quinzaine de thrillers, adaptés de l’œuvre pléthorique et protéiforme d’Edgar Wallace, tels la Main de l'épouvante ou l'Enigme du serpent noir. Soyons juste, durant ces quinze années, on le retrouvera, aussi, en bossu atrabilaire et rancunier dans Et pour quelques dollars de plus, en anarchiste anticommuniste dans Le Docteur Jivago et en sculpteur fou dans Coplan sauve sa peau, le premier film réalisé par le jeune Yves Boisset.

Voici donc Aguirre, la colère de Dieu, tourné en 1971, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, en 1973 et présenté au public – français d’abord – en février 1975, seulement. Ce retard dans la distribution du film explique, d’une part, sa tardive nomination au César du meilleur film étranger, finalement remporté par Dino Risi et son Parfum de Femme lors de la première soirée des Césars, le 3 avril 1976, et, d’autre part, le tardif Grand prix du meilleur film étranger, qui lui sera attribué, la même année, par le syndicat de la critique française.

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