ALGER LA BLANCHE

Pour nous rappeler Cyril Collard (1957-1993)
Drame - 1986 - France - 28 MIN - VF - HD - Tous publics

Jean et Farid sont amoureux. Le premier travaille dans un commissariat, le second est un apprenti électricien d’origine algérienne. Farid propose à Jean de l’accompagner en Algérie mais se retrouve finalement au commissariat, où il a été emmené après une virée à moto avec des amis. Pendant ce temps, la famille de Farid, qui ignore son arrestation, s’inquiète de ne pas le voir...

6.4 / 10
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Les avis surSens Critique
Stéphane Kahn
Stéphane Kahn
CHRONIQUEUR

Si on le compare à son premier film, Grand huit, qui se concentrait sur un décor unique (la Foire du Trône) et sur deux personnages seulement, Alger la blanche, multipliant les protagonistes, prend une toute autre ampleur, effleurant même par moments la tentation du récit choral. L’art de Cyril Collard en matière de direction d’acteurs culmine dans une longue scène de dispute lors d’une veillée funèbre, où les mots, les coups et les maux se mêlent dans un désordre très organisé. Là, plus qu’ailleurs, on sent l’influence de Maurice Pialat (dont il fut l’assistant et auquel le film est dédié) et cette séquence frappante – climax du film – où les affects familiaux s’affrontent autour de la mort d’un jeune homme, s’impose encore aujourd’hui comme l’une des plus fortes vues dans un court métrage des années 80.

Ajoutons que par sa manière de filmer l’embrasement d’un groupe de jeunes suite au décès de l’un des leurs (un suicide en fait, mais peu importe), le film résonne, par anticipation, avec les émeutes qui secouèrent les banlieues françaises dans les années 1990/2000. Quelques plans, quelques figurants, un long travelling pour filmer la colère, la casse, l’amertume et les horizons bouchés. Et une vitrine de café dont on déblaye les débris au petit matin. Sans pour autant rentrer dans la catégorie des « films-banlieue » qui naîtra quelques années plus tard, dans le sillage de De bruit et de fureur, avec La haine ou État des lieux notamment, Alger la blanche dressait déjà, au fil d’une histoire d’amour avortée, un constat implacable de désespérance en milieu urbain. D’ailleurs, si l’horizon semble s’ouvrir à la fin pour Jean, le personnage principal, cette brèche n'est peut-être qu’illusoire…

 
Dans le même genre vous pouvez trouver UNE HISTOIRE SANS IMPORTANCE (Parce que c'est, en 1980, l'un des premiers courts métrages français à aborder l'homosexualité au travers de cette histoire d'amitié puis d'amour entre deux adolescents.) ou encore WEEK-END (2011) (Parce que c'est une histoire d'amour poignante et pudique, quelques jours dans la vie de deux hommes qui se rencontrent, s'aiment et se quittent.).

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