ANNA, CUISSES ENTR'OUVERTES

Bientôt disponible
Parce que certes, Brigitte Lahaie y excelle, mais n'oublions pas Karine Gambier
Adulte - France - 66 MIN - interdit aux moins de 18 ans
Un cadre supérieur au chômage se fait draguer par une belle inconnue qui l'engage pour qu'il fasse visiter et vende sa villa dans le Midi. Sur place quelques clients se succèdent jusqu'à l'arrivée de la propriétaire.

Réalisé par

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2MNaprès
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Réalisé en 1978 par José Benazeraf, Anna cuisses entrouvertes est composé de deux parties distinctes. Les 27 premières minutes se situent dans une boîte de nuit, sans aucun figurant, juste un barman et les protagonistes. Une bourgeoise élégante et cynique, chapeau, collier de perles, fume-cigarette et gants de soie noirs lève un client, cadre supérieur au chômage. « Comme un million et demi de Français », dit-elle, moqueuse. Elle l’engage pour vendre une villa dans le Midi. Un autre couple s’installe en face d’eux. Il est dans le prêt-à-porter et a trop de travail. On l’appelle au téléphone. Il doit partir. Elle en a marre et rejoint les deux autres pour un plan à trois.

La suite montre l’homme dans la villa du Midi faisant visiter la propriété à un industriel allemand et sa femme, puis à un couple de lesbiennes, avant l’arrivée de la patronne. Deux stars se partagent chaque partie. Brigitte Lahaie est la femme délaissée de la boîte de nuit. Karine Gambier incarne celle de l’industriel, à son tour abandonnée sur place par son « gros porc ». L’expression vient du commentaire off qui supplée à une post-synchro relâchée, voire inexistante. A la fois dialogue, voix intérieure et commentaire, volontiers ordurier, du cinéaste, d’autant que la voix est celle, caractéristique, de Benazeraf lui-même.

Baignée dans une musique au mètre, ponctuée de disco, le film est fascinant et plus construit qu’il n’en a l’air. A la première partie, ambiance de nuit, tons rouges et personnages confinés dans un espace absorbé par l’obscurité, s’oppose une seconde, baignée de lumière naturelle, cadre d’une sexualité plus démonstrative. Le regard du cinéaste est grinçant. Le hard est somptueux. Benazeraf tient lui-même la caméra. Il a le sens du cadre, traque les visages, réclame des regards caméra qui semblent complices de sa dérision. Dans son montage, au détriment des raccords, il privilégie les plans.

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Contexte

Jenny Feeling

Autre portrait d'un petit bourgeois déclassé et haineux.

José Benazeraf

Parce qu'on y découvre que les travaux de la villa du Midi sont finis.

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