ANNA M.

Bientôt disponible
Parce que pour son personnage, Isabelle Carré a puisé dans Rosemary's Baby, Repulsion Thérèse et Taxi Driver
Drame - 2007 - France - 106 MIN - Tous publics
Anna M. est dépressive. Elle rate son suicide et s'en sort avec une cicatrice à la jambe et de la rééducation. Les gestes prévenants et professionnels du docteur Zanevsky vont éveiller en elle une pathologie que les psychiatres ont baptisé "érotomanie". Persuadée que le bon docteur est amoureux d'elle, Anna va le harceler, l'épier, envahir sa vie privée et vivre les différents stades d'une maladie rare et terrifiante. Le Docteur Zanevsky, quant à lui, tentera de protéger sa famille et ne comptera que sur lui, face à l'incompréhension de la police.

Réalisé par

6.5 / 10
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Les avis surSens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Anna restaure des manuscrits anciens à la Bibliothèque nationale. Vivant seule avec sa mère, dépressive, elle tente de se suicider en se jetant contre une voiture. La scène suivante révèle une longue cicatrice sur la jambe. Le séduisant docteur Zanevsky, prévenant, est satisfait de la rééducation et lui fixe un rendez-vous pour une visite de contrôle. Il n’en faut pas davantage pour qu’Anna se persuade de son amour passionnel pour elle. Elle commence à fantasmer et à envahir le quotidien du médecin, marié et père de famille. Comprenant l’obsession de cette femme, il tente vainement de la raisonner, puis de se protéger. Elle le harcèle, déploie toutes sortes de stratégies, dévorée bientôt par sa folie.

Réalisé en 2006, Anna M. est le troisième long métrage de Michel Spinosa, après Emmène-moi et La Parenthèse enchantée. S’ouvrant sur le plan d’une trousse d’outils de restauration, son film est la minutieuse dissection d’une folie rare et terrifiante. On songe à la première réalisation de Clint Eastwood, Un frisson dans la nuit, ou encore à Liaison fatale d’Adrian Lyne, mais Spinosa se place du point de vue du personnage féminin, rythmant son film selon la progression clinique de sa pathologie : l’érotomanie, telle que décrite en 1921 par le psychiatre Gaétan Gatian de Clérembault. D’abord le postulat, ou l’illumination : Anna pense que le docteur Zanevsky l’aime en secret. Suit une phase d’espoir au cours de laquelle Anna pense qu’il va finir par lui avouer son amour. Puis une phase de dépit : Anna le harcèle, passe à des accès de violence et tombe en dépression. Enfin une phase de haine.

Dans ces différentes étapes, aussi spectaculaires les unes que les autres, Isabelle Carré est remarquable de justesse. Presque de chaque plan, elle nous accompagne dans cette folie déconcertante, sans jamais chercher les effets outranciers et la performance. En cela, elle suit la mise en scène retenue de Spinosa qui s’autorise seulement quelques abus sonores et stridences appuyées.

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Le contexte

Isabelle Carré

De Laëtitia Colombani, 2002. Le personnage féminin principal est également atteinte d'érotomanie.

Michel Spinosa

De Clint Eastwood. Scénario sur l'érotomanie, cette fois du point de vue de la victime.

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