APRèS LA NUIT

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Basil da Cunha fait d'un bidonville de Lisbonne le lieu d'une tragédie à hauteur d'homme.
Drame - 2014 - Portugal - 95 MIN - Tous publics
Sombra est un homme solitaire qui se méfie du jour. Il vit seul dans une cave avec son iguane, Dragon, qui lui vaut les visites régulières d'une petite fille du voisinage fascinée par l'animal. La nuit, Sombra déambule dans les rues du bidonville créole de Lisbonne pour réunir l'argent qu'il doit au chef du gang local. Pour rembourser ses dettes, il est contraint de participer à un casse. Mais la nuit tourne mal... Et, malgré les conseils d'une tante excentrqiue qui l'encourage à aller voir un sorcier vaudou, Sombra ne réussit pas à s'extirper du guêpier. Parviendra-t-il seulement à revoir l'aube ?

Réalisé par

4.9 / 10
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Laurent Delmas
Laurent Delmas
CHRONIQUEUR

Un film, ce peut-être d’abord un lieu bien spécifique, méconnu ou délaissé, comme un personnage à part entière ou une composante essentielle du scénario. C’est assurément le cas avec le bidonville créole de Reboleira dans la banlieue de Lisbonne qui constitue la toile de fond du premier long métrage réalisé par Basil Da Cunha, cinéaste suisse d’origine portugaise. A ce propos, il raconte : « Il y a quelques années, je suis parti vivre à Lisbonne. Comme je n’avais pas beaucoup d’argent, je me suis retrouvé dans ce quartier où les loyers sont très bas. C’est un endroit dur évidemment, mais c’est surtout un îlot de liberté avec ses propres règles. »

La tentation de l’exotisme ou du voyeurisme pourrait exister face à ce petit village qui est comme un ghetto où prédomine la culture créole du Cap-Vert. Mais le réalisateur a d’emblée affirmé une intention contraire : « Je ne peux pas arriver quelque part et en faire un décor : ce serait faire de la porno-pauvreté dans le cas présent. Quand je suis arrivé à Reboleira, je ne pensais pas y faire de film. Ce qu’on poursuit, c’est cette beauté que souvent les gens ne voient pas. La lumière, le cadre, le décor participent à la sublimation de la personne qui devient un personnage. »

Et ici ce personnage principal s’appelle Sombra, un homme très solitaire qui se méfie du jour et qui vit ainsi seul dans une cave avec Dragon, son iguane. Or, il doit de l’argent au chef du gang local. Comment rembourser ses dettes dans cet univers de violence quotidienne, de pauvreté, où chacun se connaît et vit sous le regard de l’autre ? Basil Da Cunha filme avec amour les habitants de ce bidonville livrés à eux-mêmes. Il en fait, selon sa propre expression, une « ode à un certain savoir-vivre », en faisant référence au cinéma de Pasolini et plus précisément au film « Accatone », soit la première œuvre du cinéaste italien qui baigne dans un onirisme réaliste auquel en effet « Après la nuit » peut également prétendre.

Le contexte

Dans le registre radicalement différent de la comédie sociale à l'italienne, le film d'Ettore Scola prend lui aussi un bidonville comme lie lieu central d'une fable noire qui n'exclut pas l'empathie et la tendresse.

Basil Da Cunha

Maffia, gang, dette, contrat et chasse à l'homme : Cassavetes comme Basil Da Cunha multiplie les figures de style imposées par le genre pour mieux les détourner et imposer son univers, le tout dans une grande liberté de ton et de forme.

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