AU NOM DU PEUPLE ITALIEN

Pour l'affrontement Tognazzi Gassaman, ici très politique !
Drame - 1975 - Italie - 99 MIN - VM - Tous publics
La mort d'une jeune toxicomane mène un juge d'instruction sur la piste d'un industriel cynique et débauché qui payait la jeune fille pour distraire ses clients. Le juge a de l'antipathie pour l'industriel grand bourgeois dont la morgue le révulse. Plus grave, il joue de ses appuis politiques pour faire clore l'enquête. Mais le juge s'entête et parvient à faire arrêter le suspect. C'est alors qu'il découvre que la vérité n'est pas si simple...

Réalisé par

7.3 / 10
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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Au tournant des années 70, Dino Risi se plaît à multiplier les films à sketches, renouant avec l’inspiration des Monstres qui, en 1963 avait permis à Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi d’incarner à eux deux toute une galerie truculente d’Italiens au comportement pas toujours reluisant.

De 1968 à  1973 déboulent sur les écrans trois inénarrables collections de portraits : Une poule, un train et quelques monstres, Moi la femme, Le Sexe fou. En attendant que quelques années plus tard Risi puisse joindre son talent à celui d’Ettore Scola et de Mario Monicelli pour un succulent Nouveaux monstres dont seuls les fins connaisseurs peuvent se targuer de dire qui a signé tel ou tel sketch. Au nom du peuple italien est un peu à l’opposé de ces films plein de verve, qui laissent la part belle à la caricature. Non pas que le film soit en état d’atonie ou que les caractères donnent tous dans la demi-teinte, mais force est de reconnaître que cette œuvre est l’une des plus sérieuses, ou du moins signifiante du cinéaste. Car à travers l’affrontement entre deux hommes, encore Gassman et Tognazzi, ce sont deux visages de l’Italie qui nous sont donnés à voir. Gassman, une nouvelle fois, joue les grands patrons, plein de morgue, viveur et cynique, pendant que Tognazzi, toujours partant pour incarner les hommes du peuple, interprète un de ces petits juges qui, la loi en bandoulière, se sont parfois mis en tête de remettre un peu d’ordre dans un monde qui en manquait furieusement. A priori, pas de lézard, notre sympathie est acquise au second alors que nous nous réjouissons de voir le premier à terre. Pourtant rien n’est binaire chez Risi. Si l’homme a des sympathies de gauche, ce n’est pas un militant encarté, comme Scola l’a longtemps été. Il est avant tout le spectateur apparemment amusé (mais sans doute également révolté) du spectacle du monde. Probablement un peu anar, il ne cautionne aucun système. Si l’industriel est une franche canaille, cela ne veut pas dire qu’il donne quitus à son petit juge dont les méthodes sont pour le moins contestables.

Le film vaut bien sûr également par l’affrontement entre ces deux monstres sacrés que sont Gassman et Tognazzi. Honnêtement on a beau chercher, on n’a jamais pu trouver plus truculent tandem au cinéma : la rigueur hautaine du premier, la ruse plus populaire du second ont longtemps fait bon ménage. D’authentiques chefs d’œuvre en portent témoignage. Ce film en est un.

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