BULLITT

À partir de 2.99 €
Pour la poursuite de voitures bien sûr, mais aussi - et surtout - pour Steve McQueen et son holster
Policier / Suspense - 1969 - Etats-Unis d'Amérique - 109 MIN - VM - Tous publics

Chalmers, un politicien aux dents longues, demande au lieutenant Bullitt de protéger Ross, le témoin clé d’un procès à venir. Protégé dans sa chambre d’hôtel par les hommes de Bullitt, Ross est abattu par des tueurs. Chalmers veut dessaisir Bullitt, mais le policier est soutenu par son supérieur, Bennett. Ross est achevé dans sa chambre. Bullitt décide d’évacuer le corps pour se laisser le temps de mener l’enquête. Il repère les tueurs, les poursuit en voiture dans les rues de San Francisco, jusqu’à ce que la voiture des deux hommes explose après avoir percuté une pompe à essence. Poursuivant son enquête, le policier découvre que l’amie de Ross a été tuée.

Réalisé par

7.1 / 10
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2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

La star de Bullitt, c’est peut-être la ville de San Francisco, dont la cinégénie est incontestable, même si le film ne donne à aucun moment dans le dépliant touristique. La célébrissime scène de la poursuite de voitures dans les rues en pente de la ville a d’ailleurs sans doute plus fait pour fixer l’image de la métropole californienne que toutes les campagnes publicitaires du monde. Le maire de la ville, Joseph Alioto, en avait pleinement conscience quand il a accordé toutes les autorisations, affectant le personnel municipal nécessaire à la sécurisation du tournage. Steve McQueen, qui incarne Bullitt, l’en a remercié en payant de sa poche à l’issue du tournage la construction d’une piscine dans un quartier défavorisé de la ville.

Mais revenons à la course-poursuite entre la Ford Mustang de Bullitt, et la Dodge du tueur. Une course-poursuite restée dans les annales, objet de nombreux clins d’œil. Citons pour mémoire celui de La Nuit américaine, de François Truffaut, quand Jacqueline Bisset est présentée comme « l’actrice ayant joué dans un film avec une course-poursuite ». Ce qui donne en fait tout son sel à la séquence, c’est d’être à l’exact opposé de ces films d’action tournés aujourd’hui en batterie et où la sensation de vitesse n’est suggérée que par des artifices de montage. Dans Bullitt, tout est contraire d’un réalisme absolu. Les plans sont longs et c’est bien Steve McQueen qui est au volant de la voiture. Bien sûr il y a eu plusieurs prises et les plus malins noteront que la Ford perd plus de quatre enjoliveurs pendant l’aventure. Mais foin de persiflages : c’est une véritable performance qui nous est donnée à voir. Les bolides approchent par moments les 200 km/h. Ce n’est pas pour rien que Steve McQueen incarnera un pilote des 24 heures du Mans dans un film sur la célèbre course trois ans plus tard.

La course-poursuite n’est pas pour autant le seul moment éprouvant du film. La scène finale, sur le tarmac de l’aéroport, quand McQueense jette pour de bon sous les roues d’un avion au décollage laisse également une impression durable. Mais Bullitt n’est pas pour autant l’un de ces films d’action qui ne valent que par les cascades qu’ils alignent. Le film prend le temps de nous intéresser au profil des personnages, à leurs désirs, à leurs faiblesses. Les états d’âme de Bullitt, son indifférence, pour ne pas dire plus, à la hiérarchie sociale nous rappellent que nous sommes en 1968, dans une ville où souffle le vent de la révolte. Même si le comédien reconnaît s’être en fait inspiré de Dave Toschi, un flic de San Francisco qui allait quelques mois plus tard se rendre célèbre en enquêtant sur le tueur du Zodiac. Notamment en portant, comme lui, son holster à l’envers…

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