CRÍA CUERVOS

À partir de 2.99 €
Parce qu'à le revoir, le film de Carlos Saura vaut encore davantage que la chanson qui le popularisa jadis
Drame - 1976 - Espagne - 105 MIN - VF - Tous publics

1975, dans une belle maison madrilène, Ana, sept ans, la cadette de trois sœurs, observe, de ses grands yeux tristes, le monde qui l’entoure. Son père meurt, sa tante et une gouvernante s’occupent d’elle, ainsi que d’Irene, son aînée, et Juana, sa benjamine. Par la force de ses pensées, elle fait revenir quand elle le souhaite sa mère, décédée quelques années auparavant. Elle croit ainsi avoir pouvoir de vie et de mort sur tous les adultes.

Réalisé par

7.5 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Réalisé en 1975, Cria Cuervos est le dixième long métrage de Carlos Saura, et son chef d’œuvre. Comme il l’a fait auparavant, dans Peppermint frappé (1967), La Madriguera (1968), Ana et les loups (1972) et La Cousine Angélique (1973), le réalisateur espagnol observe ici la bourgeoisie de son pays, inféodée au général Franco, depuis la fin de la guerre civile. Le titre du film signifie, « Elevez des corbeaux », il constitue le début d’un proverbe qui, dans son intégralité, dit : « Elevez des corbeaux, ils vous crèveront les yeux ».

Cria Cuervos, c’est le monde de l’enfance vu à travers le regard d’une petite fille de sept ans, Ana, cadette d’une fratrie de trois, enserrée entre Irene, 11 ans, et Juana, 5 ans. Son père, militaire de l’armée franquiste, meurt dès les premiers plans du film dans les bras de sa maîtresse, et sous les yeux d’Ana. Celle-ci n’est entourée que de femmes : outre ses sœurs, il y a sa grand-mère mutique et clouée sur un fauteuil roulant, une gouvernante généreuse, Rosa, et sa tante Paulina qui ne parvient pas à effacer le souvenir de sa mère, disparue elle aussi. Entre les jeux innocents des trois fillettes au cœur du parc immense entouré d’arbres et de hauts murs, Ana est très souvent seule et en profite pour s’échapper dans son univers personnel. Elle fait revenir sa mère par la force de son esprit et, détentrice d’une boîte métallique emplie de poison, elle croit aussi détenir le pouvoir de mort sur les adultes. Agée de neuf ans au moment du tournage, Ana Torrent, après un tout petit rôle lorsqu’elle était bébé, avait fait ses vrais premiers pas, deux ans auparavant, dans L’Esprit de la ruche, sublime premier long métrage signé Victor Erice.

Dans ce film, découvert au Festival de Cannes dans la section de la Semaine de la Critique, l’enfant, déjà, s’évadait dans un monde parallèle et rencontrait son héros de cinéma préféré : la créature de Frankenstein. Ana Torrent a, depuis, continué sa carrière chez Amenabar (Tesis), Peter Greenaway (The Tulse Luper Suitcase, pour la télévision) et Justin Chadwick (Deux sœurs pour un roi). Présenté en compétition officielle à Cannes en 1976, Cria Cuervos y a remporté le Grand Prix. Et la chanson «Porque te vas», interprétée par la jeune chanteuse Jeanette, sortie confidentiellement en 1974, est devenue un tube planétaire.

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