DANS LA MAISON

2012
101 mn
Parce que François Ozon adapte encore une pièce de théâtre, comme 8 femmes, mais moins explicitement
Ce film n’est plus disponible

Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables.

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Policier / Suspense
France
Tous publics
1 min avant
2 min après
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Attention grande leçon de manipulation ! D'ailleurs qui manipule qui dans ce quatorzième long métrage du prolifique François Ozon ? Est-ce Germain, le prof de français désabusé et soudain piqué au vif par un de ses élèves ? Est-ce cet élève, beau comme un ange de Pasolini qui écrit ses rédactions comme un feuilleton en s'introduisant dans la famille "normale" de son meilleur ami ? Des textes aux réflexions incongrues, un peu méprisants et qui se terminent par un "à suivre" excitant, intrigant...

On est comme Germain, le prof marié à une gérante de galerie d'art contemporain : d'emblée, on est intrigué, pris au piège de cette brillante mise en abîme de mille et un thèmes  - l'inspiration, l’éducation, le voyeurisme, le jugement sur autrui, l'art, le bon et le mauvais goût, le réel et la fiction... Autant de thèmes, bien sûr, qui composent un autoportrait d'Ozon lui-même face à la création et à la manipulation du spectateur. Tout cela semble intello ? Dans la maison ne l'est pas car Ozon est un petit malin, un grand tireur de ficelles : ses machineries semblent huilées et soudain, tout implose. Car l'adolescent qui se sent supérieur à son sujet va soudain avoir une envie irrépressible d'appartenir à cette famille qu'il méprise. Et cette famille est moins con-con qu'il n'y parait, car la mère, sorte d'Emma Bovary moderne, obsédée par la déco, a une grâce très attachante...

Côté casting, c'est un sans faute, comme d'habitude chez Ozon : de Luchini dans son élément avec plus de douleur que d'habitude, Kristin Scott Thomas en épouse un peu snob mais lucide, Emmanuelle Seigner en femme au foyer rêveuse, et la révélation du film : Ernst Umhauer dans le rôle de l'ange pris à son propre piège d'extermination. On pourrait disséquer des heures ce film troublant à la fois hitchockien et soyeux, cocasse et tragique, mais on ne dira qu'une chose, la seule qui vaille : à suivre ... 

 
Dans le même genre vous pouvez trouver ELÈVE LIBRE DE JOACHIM LAFOSSE (Un film fort, troublant, sur les thèmes de la transmission, de la transgression et du rapport élève/maître... Inconfortable mais passionnant avec un Jonathan Zaccaï dans un registre complexe qui lui va bien.) ou encore LE CERCLE DES POÈTES DISPARUS DE PETER WEIR (Quand on parle élève et prof, vie de classe, et film initiatique, on pense forcément à ce grand succès de 1990 qui vulgarisa le "Carpe Diem" et apporta la gloire à Robin Williams en prof libertaire.).