EDWARD AUX MAINS D'ARGENT

Parce que Tim Burton rencontrait ici Johnny, Depp (dialogues: 169 mots dans ce film !)
Science-fiction - 1991 - Etats-Unis d'Amérique - 101 MIN - VM - Tous publics
Un inventeur a crée Edward, une créature humaine, mais il est mort avant de l'avoir achevé. Le jeune homme n'a que des outils coupants à la place des mains. Alors il s'occupe à quelques menus travaux de jardinier ou de coiffure. Les gens sont bienveillants, comme avec un enfant handicapé. Mais il y a aussi des méchants dans les petites villes, et des jaloux. Manquerait plus qu'une jolie...

Réalisé par

7.6 / 10
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Les avis surSens Critique
Denis Parent
Denis Parent
CHRONIQUEUR

Edward aux mains d’argent, tourné en 1990, est le quatrième long métrage de Tim Burton. Il venait de réaliser Batman pour la Warner Bros, un énorme succès qui lui ouvrait un chemin royal pour contrôler sa carrière. Souhaitant revenir à un univers plus intimiste que la Gotham City du superhéros, il écrit avec Caroline Thompson une fable fantastique, aussi romantique que La Belle et la bête, dans le cadre aux couleurs pastel d’une bourgade résidentielle déprimante de Floride. Tim Burton songe à sa propre enfance à Burbank, banlieue proprette de Los Angeles, soucieuse de normalité. Et se souvient d’un dessin d’adolescence qu’il a fait d’un homme avec des ciseaux à la place des mains.

Le récit se construit comme un conte de fées raconté à une petite fille, l’histoire d’Edward, un garçon timide, reclus dans le château de son géniteur, un vieil inventeur démiurge qui l’a créé. Le décès brutal de celui-ci prive Edward de la touche finale : des mains pour remplacer ses prothèses en forme de ciseaux. Sa rencontre avec Peg, une compatissante habitante, bouleverse la vie de ce marginal dont personne ne soupçonnait l’existence. D’abord perçu comme un phénomène monstrueux, il s’intègre dans la famille de Peg et force l’admiration du voisinage par sa dextérité créative à tailler les haies et couper les cheveux. Le drame se noue lorsque le naïf Edward tombe amoureux de Kim et provoque la jalousie de son petit copain.

A la fois satirique, féerique et fantastique, le film est une réussite qui modernise le folklore classique des contes et du cinéma fantastique gothique. La meute des paysans arriérés courant après le monstre de Frankenstein devient celle de banlieusards américains conformistes, femmes au foyer engluées dans l’ennui et les ragots, pères de famille robotisés par les horaires du travail routinier. Tim Burton revitalise le thème du monstre victime de l’intolérance, éternel paria qui ne rêve que d’amour. Dans ce rôle délicat, Johnny Depp accède à la reconnaissance.

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Il est l'inspiration évidente de Tim Burton et un des premiers films fantastiques à avoir défini bien des codes du genre. La créature, déjà, est ambiguë, c'est sa souffrance et son impossibilité à être qui le rendent violent.

DEAD MAN DE JIM JARMUSCH (1995)

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