ERASERHEAD

1977
89 mn
Ce film n’est plus disponible

1977
89 mn
Parce que Lynch a mis cinq ans pour boucler son premier film, aujourd'hui un classique
A la suite d'un accouchement prématuré, Mary, la fiancée d'Henry, a mis au monde une sorte de monstre vagissant. Ne supportant plus les cris, Mary s'en va, et Henry doit faire face seul aux soins que réclame sa curieuse progéniture. Il est hanté jour et nuit par des rêves et des visions obsédantes...
Ce film n’est plus disponible
Fantastique / Horreur
Etats-Unis
- 16 ans

1 min avant
2 min après
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Avant Elephant Man, Blue Velvet, Sailor et Lula, il y eut Eraserhead, premier long métrage de David Lynch, sorti en 1977, en comparaison duquel même Twin Peaks devient limpide. Tourné sur plusieurs années, en équipe réduite, Eraserhead relève du cauchemar expérimental et fait partie de ces très rares films inclassables, aussi singulier et dérangeant qu’un Un chien andalou.  Mais s’il fallait chercher une équivalence, il faudrait peut-être citer Dementia, de John Parker, autre cauchemar familial d’une noirceur suffocante.

Dans un décor industriel délabré et un immeuble lugubre, Henry Spencer, bibliothécaire en vacances, traîne un air hébété, ravagé d’une angoisse constante. Lors d’un dîner chez les parents de Mary, il apprend qu’il l’aurait mise enceinte et doit l’épouser. Elle s’installe chez lui ; l’enfant ne fait que vagir et ressemble à un monstre fœtal à grosse tête, sans bras ni jambes, emmailloté de bandelettes. Il s’agit sans doute là de la vision la plus abjecte qu’on puisse contempler des joies de la maternité. D’ailleurs, Mary, excédée par les pleurs, quitte le domicile, laissant Henry seul avec la créature.

N’en disons pas davantage. Il faut se laisser emporter par les images folles créées par Lynch, par son humour absurde et décapant, les trouvailles visuelles oniriques et l’ambiance oppressante qui s’insinue dans les décors, le noir et blanc très contrasté et une bande-son expressionniste conçue comme organique. Hanté par la phobie du corps, Eraserhead se prête à de multiples interprétations, sociales, métaphysiques, psychanalytiques, et relève autant du fantastique d’avant-garde que d’une parodie grinçante de comédie familiale.

 
Dans le même genre vous pouvez trouver DEMENTIA (De John Parker (1955). Ambiance cauchemardesque et vision noire de la famille, comme Eraserhead.) ou encore LE MONSTRE EST VIVANT (de Larry Cohen, 1974. Film fantastique dans lequel une femme accouche d'un bébé monstrueux.).