Frontière chinoise

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Parce que ce fut l'ultime de John Ford
Drame - 1966 - Etats-Unis - 85 MIN - Tous publics

En 1935, près de la frontière entre la Chine et la Mongolie, l’austère et puritaine Agatha Andrews dirige depuis une quinzaine d’années et d’une main de fer une modeste mission protestante. Comme ses collaboratrices, elle attend avec impatience la venue d’un nouveau docteur. Mais, c’est la très libre et très progressiste Docteur D.R. Cartwright qui se présente. Alors que des pillards mongols menacent d’envahir la mission, la tension monte entre les deux femmes…  

Réalisé par

7.5 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Laurent Bourdon
Laurent Bourdon
CHRONIQUEUR

John Ford vient d’avoir 71 ans lorsqu’il entame, en février 1965, le tournage de Frontière Chinoise, son ultime long métrage de fiction. C’est après avoir lu le roman de l’Anglaise Norah Lofts, paru une trentaine d’années plus tôt, qu’il déclara à son ami et coproducteur Bernard Smith : « Je veux tourner une histoire de femmes »... pour une fois, serait-on tenté d’ajouter ! 

Frontière Chinoise est, en effet, un film de femmes, donc d’actrices. Ainsi, au cœur d’une modeste mission américaine basée en Chine non loin de la frontière sino-mongole, au milieu des années 30, vous allez notamment reconnaître : Anne Bancroft, en femme médecin, libérée et sans tabou, ainsi que Margaret Leighton, la directrice de cette mission, austère et puritaine à force de refouler ses désirs, jugés contre nature. Quatre ans après son rôle de Lolita chez Kubrick, la jeune Sue Lyon (20 ans), incarne l’innocent objet de cette saphique passion. 

En plus de la palpable tension régnant entre elles, les sept femmes composant cette mission – Seven Women est le titre original du film – vont devoir affronter le terrible Tunga Khan, chef des pillards mongols, qui va les prendre en otage et exercer sur elles un odieux chantage. Discrètement distribué aux Etats-Unis en janvier 1966, Frontière chinoise fut ignoré par le public et conspué par la critique. En France, où il fut présenté l’été suivant, deux semaines après que Ford ne vint à Paris, il eut ses supporters, tel Henry Chapier qui, dans Combat, écrivit : « Quand les critiques américains déclarent qu’un film est nul, neuf fois sur dix nous pouvons être sûr qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre. »

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Contexte

Cinq ans avant John Ford, William Wyler, lui aussi, évoquait à mots couverts l’homosexualité féminine.

John Ford

Huit ans avant Anne Bancroft, Ingrid Bergman partait, elle aussi, en mission en Chine.

LE LAURÉAT (1967)

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