FURYO

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Parce que le film est aussi l'affrontement de deux rock stars, David Bowie et Ryuichi Sakamoto
Guerre / Western - 1983 - Royaume-Uni|Japon - 119 MIN - Tous publics

A Java, en 1942, en plein cœur de la seconde guerre mondiale, plusieurs centaines de soldats anglais et néerlandais sont entassés dans un camp de prisonniers tenu par l'armée japonais. Le responsable du camp est le capitaine Yonoi, un gradé craint et détesté par ses subalternes. Intransigeant, il impose à tous une discipline de fer. La tension entre les deux communautés s'accentue avec l'arrivée d'un nouveau prisonnier, le major Jack Celliers : refusant de se soumettre, celui-ci rendra coup pour coup à ses geôliers... Le film est axé sur la découverte et la crainte qu'éprouvent ces deux hommes pris au piège de la guerre, dans un lieu clos, le camp, propre à l'éclosion de tout sentiment.

Réalisé par

7.3 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Jacky Goldberg
Jacky Goldberg
CHRONIQUEUR
Furyo appartient à la dernière période de Nagisa Oshima. Si l'on découpe sa filmographie en fonction des conditions de production, cette période s'étalerait de L'empire des sens en 1976 jusqu'à Tabou, son dernier film en 1999. Réalisé en 1983, Furyo, ou Merry Christmas Mister Lawrenceen VO, est une des nombreuses coproductions internationales de luxe auxquelles Oshima a participé les 25 dernières années de sa carrière. Il s'agit d'une coproduction nippo-anglaise, ce qui se justifie pleinement par le sujet, les relations entre soldats de Sa Majesté et de l'empereur dans un camp de prisonnier durant la 2nde mondiale. Montré au festival de Cannes, le film connut un certain succès public à sa sortie, malgré une réception critique mitigée.

Le film raconte la relation ambiguë entre quatre hommes dans un camp de prisonnier à Java, en 1942, ancienne colonie néerlandaise envahie par le Japon. Le premier que l'on voit est le sergent Hara, joué par Takeshi Kitano, qui se comporte en maton brutal, voire sadique, mais aussi capable de démontrer une humanité poignante. C'est le premier film international et sérieux de Kitano, six ans qu'il n'entame sa carrière de réalisateur. A cette époque, en 83, il était uniquement une vedette de la télé nippone, célèbre pour ses bouffonneries. Le second personnage, avec qui Hara lie peu à peu une relation amicale, est le lieutenant Lawrence, interprété par le comédien de théâtre britannique Tom Conti. Seul Occidental du camp à parler japonais, il joue le rôle l'intermédiaire. Pour l'anecdote, Conti, qui n'a jamais vraiment percé au cinéma si ce n'est un rôle marquant dans Les duellistes de Ridley Scott, ne parlait pas un mot de japonais et a appris son texte en phonétique.

Intervient ensuite le capitaine Yonoi, chef du camp, joué par le musicien Ryuishi Sakamato, qui lui non plus n'a pas fait d'étincelles au cinéma mais qui est en revanche devenu un musicien mondialement célèbre en composant la bande originale de ce film. Le dernier personnage, qui est aussi le plus central, s'appelle Jack Celliers et il est joué par David Bowie. C'est un soldat rebelle, qui va tenir tête aux japonais, et surtout développer une relation sexuellement ambiguë avec le capitaine Yonoï, une relation faite de fascination réciproque et de méfiance. Point de mire et ligne de fuite du film, la réalité de la guerre s'efface ainsi peu à peu dans le film que vous allez voir, pour laisser place à l'analyse des rapports de force entre les quatre hommes, et aboutir à un duel flamboyant d'amour et de mort.

Contexte

David Bowie

Nagisa Oshima

LES PRÉDATEURS

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